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jeudi, mai 23, 2024
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Covid-19 et enfants: que sait-on deux ans après le début de la pandémie?

Deux ans après le début de l’épidémie, on sait désormais que les enfants sont tout autant à risque de contracter le Covid-19 que les adultes.

Un taux d’incidence record, la pagaille dans les établissements scolaires, les queues devant les pharmacies pour se faire tester, trois protocoles sanitaires différents en une semaine en France et ces chiffres : 80 enfants de moins de 10 ans sont hospitalisés en réanimation, deux sont décédés lors des dernières 24 heures. Considérés au début de la pandémie comme épargnés par le Covid-19, les enfants sont pourtant tout autant la cible de la maladie que les adultes.

Lors de la première vague de Covid-19 au printemps 2020, les enfants n’étaient pas au centre des préoccupations. Faute de tests suffisants, et ces derniers réservés aux personnes à risques, ils n’étaient dépistés qu’occasionnellement. Cela a conduit à minimiser leur rôle dans l’épidémie.

Deux ans plus tard, on sait désormais que les enfants sont tout autant à risque de contracter le Covid-19 que les adultes. Ils développeront cependant en moyenne bien moins de formes graves.

Malheureusement, la contagiosité extrême du variant Omicron entraîne une explosion des cas chez les enfants, et donc une hausse du nombre d’hospitalisations même pour des jeunes sans comorbidités. « Une série intéressante en Allemagne sur 1 680 hospitalisations d’enfants montre que 78% d’entre eux n’avaient aucune comorbidité », explique Antoine Flahault, directeur de l’Institut pour la santé mondiale de l’université de Genève.

Covid-19: quel impact du variant Delta sur les enfants?

« Il y a des formes graves, il y a des formes extrêmement graves chez l’enfant. Elles sont beaucoup plus rares que chez l’adulte. Mais à cause du très grand nombre d’enfants contaminés, elles finissent par être en nombre absolu à des niveaux jamais observés pour pratiquement aucune autre maladie en Europe. » D’autant plus que les conséquences d’une infection peuvent se ressentir sur le long terme.

Les enfants peuvent également, comme les adultes, souffrir de Covid long. Il y a également cette affection qui avait été méprise pour un syndrome de Kawasaki au début de la pandémie : les PIMS, les syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques. Ces PIMS nécessitent une hospitalisation mais sont heureusement très rares et bien traités.

Covid-19: l’Unicef face à son plus grand défi depuis sa création il y a 75 ans

La vaccination pédiatrique est une arme très efficace pour prévenir ces conséquences. Elle diminue le nombre de formes symptomatiques et protège contre les Covid longs et les PIMS. Malheureusement, en France, cette vaccination ne concerne aujourd’hui que très peu d’enfant. Seul 1% d’entre eux a été vacciné, contre 30% en Espagne, alors que les deux pays ont entamé leur campagne en même temps. Celle-ci ne concerne par ailleurs que les plus de 5 ans. Les essais cliniques sont toujours en cours pour les plus jeunes.

Pour protéger les enfants sans vaccination, ne reste donc que les gestes barrières et surtout l’aération des lieux clos ainsi que le renouvellement de l’air dans les salles classes. Mais là aussi, on constate que ce sont des mesures très peu mises en place en France.

La vaccination des enfants à Bobigny, en Seine-Saint-Denis

Empêcher l’épidémie de circuler activement chez les enfants aurait pourtant un double intérêt. Leur protection tout d’abord, mais cela constituerait également un frein à la diffusion du virus. Contrairement à ce que l’on pensait il y a deux ans, les plus jeunes jouent en effet un rôle non négligeable dans la dynamique épidémique : « Les enfants se contaminent en masse dans les milieux scolaires à grande promiscuité pas très bien ventilés, dans les environnements où ils passent des heures avec peu de gestes barrière », avance Antoine Flahault. « Quand ils reviennent à la maison, ils contaminent alors leurs parents et parfois leurs grands-parents. On voit aujourd’hui qu’ils jouent un rôle moteur dans l’épidémie, comme dans toutes les infections virales respiratoires ». Ainsi, pour la grippe par exemple, même si l’essentiel de ses victimes sont des personnes âgées, la moitié des contaminations a lieu chez les moins de 20 ans.

Rfi/Congocroissance.com

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Deux ans après le début de l’épidémie, on sait désormais que les enfants sont tout autant à risque de contracter le Covid-19 que les adultes.

Un taux d’incidence record, la pagaille dans les établissements scolaires, les queues devant les pharmacies pour se faire tester, trois protocoles sanitaires différents en une semaine en France et ces chiffres : 80 enfants de moins de 10 ans sont hospitalisés en réanimation, deux sont décédés lors des dernières 24 heures. Considérés au début de la pandémie comme épargnés par le Covid-19, les enfants sont pourtant tout autant la cible de la maladie que les adultes.

Lors de la première vague de Covid-19 au printemps 2020, les enfants n’étaient pas au centre des préoccupations. Faute de tests suffisants, et ces derniers réservés aux personnes à risques, ils n’étaient dépistés qu’occasionnellement. Cela a conduit à minimiser leur rôle dans l’épidémie.

Deux ans plus tard, on sait désormais que les enfants sont tout autant à risque de contracter le Covid-19 que les adultes. Ils développeront cependant en moyenne bien moins de formes graves.

Malheureusement, la contagiosité extrême du variant Omicron entraîne une explosion des cas chez les enfants, et donc une hausse du nombre d’hospitalisations même pour des jeunes sans comorbidités. « Une série intéressante en Allemagne sur 1 680 hospitalisations d’enfants montre que 78% d’entre eux n’avaient aucune comorbidité », explique Antoine Flahault, directeur de l’Institut pour la santé mondiale de l’université de Genève.

Covid-19: quel impact du variant Delta sur les enfants?

« Il y a des formes graves, il y a des formes extrêmement graves chez l’enfant. Elles sont beaucoup plus rares que chez l’adulte. Mais à cause du très grand nombre d’enfants contaminés, elles finissent par être en nombre absolu à des niveaux jamais observés pour pratiquement aucune autre maladie en Europe. » D’autant plus que les conséquences d’une infection peuvent se ressentir sur le long terme.

Les enfants peuvent également, comme les adultes, souffrir de Covid long. Il y a également cette affection qui avait été méprise pour un syndrome de Kawasaki au début de la pandémie : les PIMS, les syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques. Ces PIMS nécessitent une hospitalisation mais sont heureusement très rares et bien traités.

Covid-19: l’Unicef face à son plus grand défi depuis sa création il y a 75 ans

La vaccination pédiatrique est une arme très efficace pour prévenir ces conséquences. Elle diminue le nombre de formes symptomatiques et protège contre les Covid longs et les PIMS. Malheureusement, en France, cette vaccination ne concerne aujourd’hui que très peu d’enfant. Seul 1% d’entre eux a été vacciné, contre 30% en Espagne, alors que les deux pays ont entamé leur campagne en même temps. Celle-ci ne concerne par ailleurs que les plus de 5 ans. Les essais cliniques sont toujours en cours pour les plus jeunes.

Pour protéger les enfants sans vaccination, ne reste donc que les gestes barrières et surtout l’aération des lieux clos ainsi que le renouvellement de l’air dans les salles classes. Mais là aussi, on constate que ce sont des mesures très peu mises en place en France.

La vaccination des enfants à Bobigny, en Seine-Saint-Denis

Empêcher l’épidémie de circuler activement chez les enfants aurait pourtant un double intérêt. Leur protection tout d’abord, mais cela constituerait également un frein à la diffusion du virus. Contrairement à ce que l’on pensait il y a deux ans, les plus jeunes jouent en effet un rôle non négligeable dans la dynamique épidémique : « Les enfants se contaminent en masse dans les milieux scolaires à grande promiscuité pas très bien ventilés, dans les environnements où ils passent des heures avec peu de gestes barrière », avance Antoine Flahault. « Quand ils reviennent à la maison, ils contaminent alors leurs parents et parfois leurs grands-parents. On voit aujourd’hui qu’ils jouent un rôle moteur dans l’épidémie, comme dans toutes les infections virales respiratoires ». Ainsi, pour la grippe par exemple, même si l’essentiel de ses victimes sont des personnes âgées, la moitié des contaminations a lieu chez les moins de 20 ans.

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