A l’occasion d’une matinée d’échanges avec la presse organisée en marge de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose, SANRU Asbl a présenté le projet « Drepaccy », une initiative innovante qui renforce les capacités du système de santé congolais en matière de prévention, de diagnostic, de prise en charge et de suivi des personnes vivant avec la drépanocytose.
Selon le Project Manager du projet, le Dr Pitshou Lukisa, l’intégration de ce projet dans le système de soins constitue une avancée majeure. A ce jour, très peu de pays disposent d’un modèle similaire, et la République démocratique du Congo figure parmi les pionniers dans l’expérimentation de cette approche.
« Lorsque nous définissons les paquets de soins au niveau des centres de santé et des hôpitaux généraux de référence, nous appliquons un modèle biopsychosocial. Lorsqu’un enfant présente une crise drépanocytaire, plusieurs facteurs peuvent en être à l’origine. Il est donc nécessaire de les identifier et de les prendre en charge afin d’améliorer durablement son état de santé », a expliqué le Dr Pitshou Lukisa.
Il a rappelé que, pendant longtemps, les enfants arrivant à l’hôpital en pleine crise étaient soignés puis renvoyés à domicile sans accompagnement complémentaire. Le projet Drepaccy a permis de transformer cette approche grâce à l’introduction des tests rapides de dépistage.
« Aujourd’hui, en moins de cinq minutes, il est possible de connaître le statut drépanocytaire d’un enfant et d’orienter sa prise en charge », a-t-il précisé.
Parmi les innovations majeures du projet figure également l’éducation par les pairs. Cette stratégie a contribué à réduire l’ignorance, les préjugés et la stigmatisation qui entourent encore la maladie dans de nombreuses communautés.
« Nous avons donné la parole aux parents, aux personnes vivant avec la drépanocytose ainsi qu’aux professionnels de santé, notamment à travers la création de groupes d’échanges et de sensibilisation », a souligné le responsable du projet.
Le Dr Lukisa a insisté sur l’importance du dépistage, qu’il considère à la fois comme une intervention de santé publique et un service essentiel devant être accessible à tous. Selon lui, connaître son statut drépanocytaire permet d’éviter les unions à risque et de prévenir la naissance d’enfants atteints de formes sévères de la maladie.
Prenant à son tour la parole, Mme Annie Mongay, point focal de la communication pour la santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes au sein de SANRU Asbl, a présenté un autre projet innovant destiné à répondre aux besoins spécifiques des adolescents et des jeunes.
Cette initiative vise à les informer, les accompagner et les orienter vers des structures de santé adaptées, où des prestataires formés sont en mesure de répondre à leurs préoccupations dans un environnement accueillant, respectueux et confidentiel.
Pour sa part, M. Patrick Bukasa, responsable de la communication de SANRU Asbl, a lancé un appel aux médias afin qu’ils s’impliquent davantage dans la sensibilisation des communautés sur les questions de santé publique.
« Nous avons souhaité vous rencontrer aujourd’hui afin d’échanger avec vous et de susciter davantage votre intérêt pour les différentes questions de santé publique qui préoccupent notre pays. Nous attendons de vous non seulement un accompagnement dans la sensibilisation des populations, mais également un engagement accru en tant qu’acteurs clés de l’information et du changement social », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que les médias jouent un rôle essentiel dans la diffusion des messages de prévention et dans la mobilisation des communautés autour des enjeux de santé.
La Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose est célébrée chaque année le 19 juin. Et pour cette année, le thème retenu est : » Le dépistage, un geste d’amour et de responsabilité ».
Actuellement en phase d’expérimentation, le projet Drepaccy est mis en œuvre dans trois zones de santé : Selembao à Kinshasa, Djolu à Mbuji-Mayi et Ibanda à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu.
Soulignons que le projet Drepaccy bénéficie de l’appui financier de la Fondation Pierre Fabre et de l’Agence française de développement (AFD).



