Un mois après la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, le gouvernement congolais dresse un premier bilan de la riposte tout en insistant sur l’adhésion communautaire afin de freiner la propagation de l’épidémie.
Selon les données arrêtées à la veille, 808 cas confirmés ont été enregistrés, dont 192 décès, tandis que 363 personnes confirmées ou suspectées sont actuellement prises en charge dans les structures d’isolement et près de 51 cas guéris. Un chiffre appelé à augmenter avec les nouvelles sorties des centres de traitement.
D’après le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Roger Kamba, qui l’a dit lors d’un briefing, animé conjointement avec son collègue de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, sur les trois zones de santé touchées au début de l’épidémie, à savoir Bunia, Rwampara et Mongbwalu, cette dernière reste le principal foyer de l’épidémie et la zone la plus critique.
Au total, 38 zones de santé réparties dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont concernées par l’épidémie. Le Sud-Kivu compte, à ce jour, trois cas confirmés.
Les principaux défis de la riposte
Le Dr Roger Kamba a identifié la résistance communautaire parmi les principaux obstacles à la lutte contre la maladie. Les deux membres du gouvernement ont déploré la persistance de certaines croyances selon lesquelles Ebola serait une maladie inventée ou provoquée par les structures sanitaires.
Ils ont toutefois rappelé qu’une prise en charge précoce augmente considérablement les chances de survie. Le taux de létalité est actuellement estimé à 23 %, ce qui signifie que près de 80 % des patients ont des chances de guérison lorsqu’ils sont pris en charge à temps.
« Plus les malades se présentent tôt dans les centres de traitement, plus leurs chances de guérison sont élevées », a insisté le ministre de la Santé, appelant les leaders communautaires à intensifier la sensibilisation des populations sur la réalité de la maladie.
Autre défi majeur évoqué par le Dr Roger Kamba : les enterrements non sécurisés. Selon lui, les pratiques funéraires traditionnelles constituent l’un des principaux facteurs de transmission du virus.
La surveillance des cas contacts demeure également préoccupante. En raison des réticences de certaines familles, plusieurs personnes exposées échappent encore au suivi. Le taux actuel de suivi des contacts est estimé à 63 %, alors que l’objectif fixé est de 95 %.
Vers le déploiement de 1 300 relais communautaires
Afin de renforcer la surveillance communautaire, plus de 1 200 relais communautaires ont déjà été formés et un millier déployés sur le terrain.
Selon le ministre de la Santé publique, leur nombre devrait atteindre 1 300 dans les prochains jours, avant d’être porté à plusieurs milliers d’ici au début du mois de juillet.
Répartis à raison de 15 à 20 agents par aire de santé, ces relais communautaires sont chargés d’identifier rapidement les cas suspects au sein des communautés.
Malgré les défis, les autorités sanitaires estiment que la riposte progresse. Elles soulignent que l’amélioration de la détection des cas et leur prise en charge témoignent du renforcement des activités de surveillance et de lutte contre l’épidémie.

L’INSP insiste sur le respect des mesures barrières
L’INSP appelle la population Iturienne en particulier et celle des provinces environnantes mais aussi celle dont les villes sont touchées récemment au respect strict des mesures barrières pour limiter la propagation de la maladie à virus #Ebola :