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vendredi, mai 24, 2024
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En Afrique, le nombre de nouveaux cas de choléra augmente rapidement et atteint en un mois le tiers du nombre total de cas notifiés en 2022

L’Afrique connaît une augmentation exponentielle du nombre de cas de choléra dans un contexte de forte hausse des cas au niveau mondial. Le nombre de cas notifiés sur le continent au cours du premier mois de 2023 uniquement a déjà atteint plus de 30 % du nombre total de cas enregistrés sur l’ensemble de l’année 2022.

Selon les estimations, 26 000 cas et 660 décès avaient été notifiés au 29 janvier 2023 dans 10 pays africains affectés par des épidémies depuis le début de l’année. En 2022, environ 80 000 cas et 1863 décès avaient été enregistrés dans 15 pays touchés par le choléra. Si la tendance actuelle à la hausse rapide se poursuit, le nombre de cas pourrait dépasser celui enregistré en 2021, qui était la pire année pour le choléra en Afrique en près d’une décennie. Le taux de létalité moyen, qui s’élève actuellement à près de 3 %, est supérieur aux 2,3 % atteints en 2022 et largement supérieur au seuil acceptable fixé à moins de 1 %.

La majorité des nouveaux cas et des décès a été enregistrée au Malawi, un pays qui est confronté à sa pire épidémie de choléra depuis deux décennies. Les voisins du Malawi – en particulier le Mozambique et la Zambie – ont aussi signalé des cas récemment. En Afrique de l’Est, l’Éthiopie, le Kenya et la Somalie font face à des épidémies dans un contexte de sécheresse sévère et prolongée qui a mis des millions de personnes dans une situation de besoin urgent d’assistance. Le Burundi, le Cameroun, la République démocratique du Congo et le Nigéria ont aussi rapporté de cas.

« Nous assistons à un scénario inquiétant dans lequel les conflits et les phénomènes climatiques extrêmes aggravent les facteurs de risque du choléra et augmentent son impact sur les vies », a déclaré la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique. « Il est essentiel que les pays africains amplifient leur préparation pour détecter rapidement les cas et mettre en place une riposte complète et rapide. Nous apportons un appui aux gouvernements pour qu’ils renforcent les principales mesures de lutte visant à enrayer ces épidémies le plus tôt possible. »

L’OMS collabore avec les pays pour intensifier la surveillance des maladies et porter à une plus grande échelle les mesures de prévention et de traitement, la participation communautaire, tout comme la coordination multisectorielle avec les partenaires et les organismes concernés en vue d’améliorer l’assainissement et de fournir de l’eau potable aux populations. L’Organisation a déployé 65 experts dans cinq pays africains, dont 40 au Malawi. De plus, l’OMS a débloqué six millions de dollars américains pour lancer une riposte d’urgence contre le choléra au Kenya, au Malawi et au Mozambique.

Depuis le début de l’année, près de 3,3 millions de doses de vaccin anticholérique ont été livrées à la République démocratique du Congo, au Kenya et au Mozambique – ce dernier les recevra dans les prochains jours – par l’intermédiaire du Groupe international de coordination de l’approvisionnement en vaccins. Cette initiative, qui vise à gérer l’approvisionnement d’urgence en vaccins, est un partenariat entre la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Médecins sans frontières, le Fonds des Nations unies pour l’enfance et l’OMS.

L’augmentation des épidémies de choléra dans le monde a mis à très rude épreuve la disponibilité des vaccins. Cette situation a incité le Groupe international de coordination pour l’approvisionnement en vaccins à suspendre temporairement le schéma vaccinal à deux doses utilisé d’ordinaire dans le cadre des campagnes de riposte aux épidémies de choléra, afin de donner la priorité à un schéma à une dose. Une nouvelle hausse du nombre de cas de choléra risque d’aggraver la pénurie.

Le choléra est une infection aiguë extrêmement virulente qui peut se propager rapidement et provoquer une déshydratation entraînant une morbidité et une mortalité élevées. Cependant, la maladie peut être facilement traitée. La plupart des personnes peuvent être traitées avec succès par l’administration rapide de sels de réhydratation orale ou de liquides intraveineux.

« Chaque décès dû au choléra est évitable », a souligné la Dre Moeti. « Cette maladie est autant un problème de santé qu’un problème de développement. À ce titre, les investissements dans l’amélioration de l’assainissement et dans l’élargissement de l’accès à l’eau potable complètent remarquablement bien les initiatives de santé publique qui visent à lutter durablement contre le choléra et à y mettre fin. »

Pour être efficace, la lutte contre le choléra doit s’appuyer sur la mise en œuvre de mesures complètes, notamment une surveillance épidémiologique et de laboratoire renforcée pour détecter les épidémies, les confirmer et y riposter rapidement ; l’élargissement de l’accès au traitement, aux vaccins, à l’eau potable et aux services d’assainissement de base ; ainsi que les changements de comportement et l’amélioration des pratiques d’hygiène au sein des communautés.

Les épidémies de choléra en Afrique surviennent dans un contexte marqué non seulement par des phénomènes climatiques extrêmes, des conflits, des épidémies d’autres maladies telles que la poliomyélite causée par le poliovirus sauvage, mais aussi par des ressources financières limitées et un personnel de santé sous pression du fait de la riposte à la pandémie de COVID-19.

L’OMS Afrique a tenu aujourd’hui une conférence de presse dirigée par le Dr Patrick Otim, Responsable des urgences sanitaires à l’unité de gestion des événements graves. Il était accompagné par le Dr Charles Mwansambo, Secrétaire d’État à la santé au Ministère de la santé du Malawi, et du Dr Placide Welo Okitayemba, Directeur du Programme national d’élimination du Choléra et de la lutte contre les autres maladies diarrhéiques au Ministère de la santé de la RDC.

Était également présent pour répondre aux questions, le Dr Thierno Baldé, Responsable des opérations de riposte à la COVID-19 du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.

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Selon les estimations, 26 000 cas et 660 décès avaient été notifiés au 29 janvier 2023 dans 10 pays africains affectés par des épidémies depuis le début de l’année. En 2022, environ 80 000 cas et 1863 décès avaient été enregistrés dans 15 pays touchés par le choléra. Si la tendance actuelle à la hausse rapide se poursuit, le nombre de cas pourrait dépasser celui enregistré en 2021, qui était la pire année pour le choléra en Afrique en près d’une décennie. Le taux de létalité moyen, qui s’élève actuellement à près de 3 %, est supérieur aux 2,3 % atteints en 2022 et largement supérieur au seuil acceptable fixé à moins de 1 %.

La majorité des nouveaux cas et des décès a été enregistrée au Malawi, un pays qui est confronté à sa pire épidémie de choléra depuis deux décennies. Les voisins du Malawi – en particulier le Mozambique et la Zambie – ont aussi signalé des cas récemment. En Afrique de l’Est, l’Éthiopie, le Kenya et la Somalie font face à des épidémies dans un contexte de sécheresse sévère et prolongée qui a mis des millions de personnes dans une situation de besoin urgent d’assistance. Le Burundi, le Cameroun, la République démocratique du Congo et le Nigéria ont aussi rapporté de cas.

« Nous assistons à un scénario inquiétant dans lequel les conflits et les phénomènes climatiques extrêmes aggravent les facteurs de risque du choléra et augmentent son impact sur les vies », a déclaré la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique. « Il est essentiel que les pays africains amplifient leur préparation pour détecter rapidement les cas et mettre en place une riposte complète et rapide. Nous apportons un appui aux gouvernements pour qu’ils renforcent les principales mesures de lutte visant à enrayer ces épidémies le plus tôt possible. »

L’OMS collabore avec les pays pour intensifier la surveillance des maladies et porter à une plus grande échelle les mesures de prévention et de traitement, la participation communautaire, tout comme la coordination multisectorielle avec les partenaires et les organismes concernés en vue d’améliorer l’assainissement et de fournir de l’eau potable aux populations. L’Organisation a déployé 65 experts dans cinq pays africains, dont 40 au Malawi. De plus, l’OMS a débloqué six millions de dollars américains pour lancer une riposte d’urgence contre le choléra au Kenya, au Malawi et au Mozambique.

Depuis le début de l’année, près de 3,3 millions de doses de vaccin anticholérique ont été livrées à la République démocratique du Congo, au Kenya et au Mozambique – ce dernier les recevra dans les prochains jours – par l’intermédiaire du Groupe international de coordination de l’approvisionnement en vaccins. Cette initiative, qui vise à gérer l’approvisionnement d’urgence en vaccins, est un partenariat entre la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Médecins sans frontières, le Fonds des Nations unies pour l’enfance et l’OMS.

L’augmentation des épidémies de choléra dans le monde a mis à très rude épreuve la disponibilité des vaccins. Cette situation a incité le Groupe international de coordination pour l’approvisionnement en vaccins à suspendre temporairement le schéma vaccinal à deux doses utilisé d’ordinaire dans le cadre des campagnes de riposte aux épidémies de choléra, afin de donner la priorité à un schéma à une dose. Une nouvelle hausse du nombre de cas de choléra risque d’aggraver la pénurie.

Le choléra est une infection aiguë extrêmement virulente qui peut se propager rapidement et provoquer une déshydratation entraînant une morbidité et une mortalité élevées. Cependant, la maladie peut être facilement traitée. La plupart des personnes peuvent être traitées avec succès par l’administration rapide de sels de réhydratation orale ou de liquides intraveineux.

« Chaque décès dû au choléra est évitable », a souligné la Dre Moeti. « Cette maladie est autant un problème de santé qu’un problème de développement. À ce titre, les investissements dans l’amélioration de l’assainissement et dans l’élargissement de l’accès à l’eau potable complètent remarquablement bien les initiatives de santé publique qui visent à lutter durablement contre le choléra et à y mettre fin. »

Pour être efficace, la lutte contre le choléra doit s’appuyer sur la mise en œuvre de mesures complètes, notamment une surveillance épidémiologique et de laboratoire renforcée pour détecter les épidémies, les confirmer et y riposter rapidement ; l’élargissement de l’accès au traitement, aux vaccins, à l’eau potable et aux services d’assainissement de base ; ainsi que les changements de comportement et l’amélioration des pratiques d’hygiène au sein des communautés.

Les épidémies de choléra en Afrique surviennent dans un contexte marqué non seulement par des phénomènes climatiques extrêmes, des conflits, des épidémies d’autres maladies telles que la poliomyélite causée par le poliovirus sauvage, mais aussi par des ressources financières limitées et un personnel de santé sous pression du fait de la riposte à la pandémie de COVID-19.

L’OMS Afrique a tenu aujourd’hui une conférence de presse dirigée par le Dr Patrick Otim, Responsable des urgences sanitaires à l’unité de gestion des événements graves. Il était accompagné par le Dr Charles Mwansambo, Secrétaire d’État à la santé au Ministère de la santé du Malawi, et du Dr Placide Welo Okitayemba, Directeur du Programme national d’élimination du Choléra et de la lutte contre les autres maladies diarrhéiques au Ministère de la santé de la RDC.

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