Personnel soignant dans la zone de santé de Bunia, en province de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo, l’infirmier Etienne Enzo, récemment guéri de la maladie à virus Ebola, raconte avec émotion les moments de peur, de doute et d’espoir  mais aussi de courage qu’il a traversés avant sa guérison.

Travailleur au Centre médical évangélique de Bunia où il exerce comme infirmier chef, Etienne Enzo se décrit comme un homme passionné par son métier.  Un engagement au service des malades qui a pourtant failli lui coûter la vie.

Tout a commencé alors qu’il effectuait sa tournée habituelle dans les salles d’hospitalisation.

« Nous avons commencé la journée par le tour des salles pour vérifier l’état des malades. A un moment donné, j’ai ressenti des vertiges. J’ai alerté l’équipe. Quelques minutes plus tard, j’ai commencé à vomir abondamment et à ressentir des démangeaisons sur tout le corps. Ensuite, la diarrhée est apparue. Je me demandais ce qui m’arrivait », raconte-t-il.

Heureusement, les premiers signes de la maladie se sont manifestés sur son lieu de travail, permettant une prise en charge immédiate par ses collègues.

« J’ai été directement pris en charge à l’hôpital. Un premier prélèvement a été effectué, mais le résultat est revenu négatif. Entre-temps, les médecins continuaient à traiter les symptômes, notamment la diarrhée, la fièvre et les vomissements », explique-t-il.

Derrière les soins, il y avait aussi une profonde détresse humaine. Sa famille et ses proches vivaient dans l’angoisse, tandis que lui-même tentait de garder espoir et courage malgré le contexte particulièrement difficile.

«  (…) Pour ma part, je gardais confiance en Dieu, même si un médecin venait de mourir d’Ebola quelques jours auparavant. J’étais isolé, mais je ne cédais pas à la peur », se souvient-il.

Après plusieurs analyses, le verdict tombe finalement : au septième test, Ebola est confirmé.

« Le traitement symptomatique a continué. Lorsque je vomissais, on me donnait des médicaments adaptés. Pour la diarrhée, je recevais beaucoup de liquides et du zinc. Les équipes médicales faisaient tout pour soulager les douleurs et stabiliser mon état », témoigne-t-il.

Après plusieurs jours de lutte contre la maladie, Etienne Enzo est finalement déclaré guéri le dimanche dernier. Une victoire qu’il considère comme une grâce.  « Je suis un combattant. J’étais sur le terrain lorsque j’ai contracté le virus et aujourd’hui je suis vivant. Est-ce que je suis meilleur que ce médecin qui est décédé ? Non. C’est grâce à Dieu », dit-il avec humilité.

De retour auprès de sa famille, même s’il n’a pas encore repris ses activités professionnelles, il consacre désormais son temps à sensibiliser la population aux dangers de la maladie.

« Cette maladie existe réellement et elle tue. Nous devons nous protéger, éviter les contacts à risque et abandonner certaines pratiques comme le fait de toucher les corps des personnes décédées. La prévention reste notre meilleure arme », insiste-t-il.

A travers son témoignage, Etienne Enzo incarne aujourd’hui un message d’espoir pour les communautés touchées par Ebola. Celui d’un homme qui, après avoir frôlé la mort, a choisi de transformer son épreuve en un combat pour sauver d’autres vies.

L’INSP insiste sur le respect des mesures barrières

L’INSP appelle la population Iturienne en particulier et celle des provinces environnantes mais aussi celle dont les villes sont touchées récemment au respect strict des mesures barrières pour limiter la propagation de la maladie à virus #Ebola :

Lavez-vous régulièrement les mains à l’eau propre et au savon ou utilisez une solution hydroalcoolique ;

Évitez tout contact avec une personne présentant des signes suspects de MVE ;

En cas de symptômes tels que fièvre, maux de tête, vomissements, diarrhée, saignements ou douleurs musculaires, rendez-vous immédiatement dans le centre de santé le plus proche ou composez le *151#.

La vigilance et la prévention sauvent des

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