Dans un contexte marqué par les séquelles des conflits armés et la recrudescence des violences sexuelles et basées sur le genre, la cité de Kamanyola, en territoire de Walungu au Sud-Kivu, bénéficie désormais d’un projet d’assistance en santé mentale et soutien psychosocial destiné aux survivantes et aux personnes affectées par les affres de la guerre.

Dénommé « Pokea ujuzi na upone », ce projet est exécuté par la synergie des organisations Renaissance Africaine (RENAF) et le Réseau des Associations Congolaises des Jeunes (RACOJ), avec l’appui technique et financier de Impunity Watch, pour une durée de trois ans.

L’initiative vise à accompagner les survivantes des violences sexuelles et basées sur le genre ainsi que les victimes des conflits armés à travers une prise en charge psychosociale adaptée. Dans cette optique, un salon thérapeutique a été mis en place afin d’identifier les besoins psychologiques et émotionnels des personnes affectées par la crise humanitaire.

Le projet prévoit notamment des séances de counseling pour aider les survivantes à surmonter les traumatismes, l’anxiété, la dépression et d’autres troubles liés à la santé mentale. Des techniques thérapeutiques adaptées sont également utilisées pour renforcer la résilience des bénéficiaires et favoriser leur réinsertion sociale.

En parallèle, des séances de sensibilisation communautaire sont organisées pour permettre aux personnes affectées de partager leurs expériences, recréer les liens sociaux et promouvoir la cohésion au sein des communautés fragilisées par les violences.

M. Kurhengamuzimu Balagizi Laurent, coordinateur de RENAF, explique que ce projet répond à un besoin urgent dans une zone fortement touchée par les conflits et les violences.

« Le projet Pokea Ujuzi na Upone vise à fournir une assistance en santé mentale et un soutien psychosocial aux survivants traumatisés de Kamanyola affectés par les violences basées sur le genre et les conflits armés. Nous constatons déjà une amélioration progressive du bien-être psychologique chez plusieurs bénéficiaires », affirme-t-il.

Cette initiative est saluée par les autorités coutumières et la notabilité locale, qui estiment qu’elle intervient à un moment crucial pour la population de Kamanyola.

Pour Nkiza Machumu Matthieu, notable de la place, ce projet représente une véritable opportunité pour une communauté profondément marquée par les crises sécuritaires successives.

« Kamanyola a traversé plusieurs crises liées à la guerre et beaucoup de personnes ont été affectées psychologiquement. Ce projet arrive au bon moment et la population en bénéficiera énormément », souligne-t-il.

A travers cette approche centrée sur la santé mentale, les organisations porteuses du projet espèrent contribuer à la reconstruction du tissu social et à la restauration de la dignité des survivantes dans cette partie du Sud-Kivu.

Rédaction

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