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vendredi, mai 24, 2024
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Les dirigeants africains appellent à une action urgente pour redynamiser la vaccination de routine

Les chefs d’État africains ont adopté, ce jour, des mesures clés visant à redynamiser la vaccination de routine sur tout le continent, à la suite des perturbations massives causées par la pandémie de COVID-19. Ces perturbations ont mis à mal les programmes de vaccination des enfants et augmenté les épidémies de maladies évitables par la vaccination.

Selon les estimations de l’UNICEF et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 8,4 millions d’enfants dans la Région africaine, contre 18 millions dans le monde, ont été exclus des services de vaccination en 2021. L’accès aux services de vaccination est encore plus difficile dans les communautés pauvres ou marginalisées et dans les communautés rendues vulnérables par des conflits ou dans celles qui vivent dans des environnements fragiles.

Au cours d’un évènement de haut niveau organisé en marge de la 36ème session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine qui s’est tenue à Addis-Abeba, les chefs d’État et de gouvernement africains ont approuvé une déclaration visant à créer une dynamique pour la reprise de la vaccination de routine en Afrique. À cet effet, les dirigeants africains se sont engagés à « renforcer la dynamique pour que toutes les populations bénéficient d’un accès universel à la vaccination afin de réduire la mortalité, la morbidité et le handicap et, partant, de faire en sorte que les États Membres puissent atteindre les cibles des objectifs de développement durable liés à la santé qu’ils se sont fixées, ainsi que leurs objectifs économiques et de développement ».

« Nous sommes convaincus qu’il est possible d’atteindre les objectifs nationaux et mondiaux en matière de vaccination, y compris les objectifs d’éradication et d’élimination. Nous croyons que les progrès dans la réalisation de ces objectifs constituent un levier pour des résultats de santé équitables pour les enfants, les mères et la population dans son ensemble », a déclaré S.E. Dr Julius Maada Bio, Président de la Sierra Léone. « Nous pensons, en tant que gouvernement, que le retour sur investissement de la vaccination est très élevé pour notre quête d’atteindre les ODD. »

La déclaration, qui a sanctionné l’évènement organisé conjointement par la Commission de la santé, des affaires humanitaires et du développement social de l’Union africaine, le Gouvernement de la Sierra Léone et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a également appelé à des mesures urgentes pour lever « les obstacles persistants dans les systèmes de vaccination et de prestation de soins de santé, en particulier dans les communautés les plus pauvres, vulnérables et marginalisées ».

Sur le continent, la couverture vaccinale pour de nombreuses maladies évitables par la vaccination est bien inférieure à la fourchette de 90-95 % requise pour que l’Afrique reste exempte de ces maladies. Par exemple, en 2021, la couverture vaccinale moyenne contre la rougeole était de 69 %, alors que celle contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche était de 82,5 % et que la couverture pour la troisième dose du vaccin contre la polio était de 81,5 %.

« Eu égard à la Déclaration d’Addis-Abeba sur la vaccination que les chefs d’État ont approuvée lors du 28ème Sommet de l’Union africaine, les dirigeants africains ont pour mandat de mobiliser un financement durable pour élargir l’accès à la vaccination et de travailler avec les communautés pour renforcer les systèmes de vaccination partout sur le continent. Nous pouvons mettre fin aux maladies évitables par la vaccination et sauver un nombre encore plus important de vies. Cette démarche est essentielle pour bâtir des communautés saines et prospères, comme le prévoit l’Agenda 2063 de l’Union africaine, intitulé L’Afrique que nous voulons », a relevé S.E. Minata SamatéCessouma, Commissaire à la santé, aux affaires humanitaires et au développement social de l’Union africaine.

La déclaration faite aujourd’hui invite expressément les pays à maintenir la vaccination comme une priorité alors qu’ils se relèvent de la COVID-19, et à vacciner tous les enfants qui n’ont pas encore été protégés. Les chefs d’État ont aussi lancé un appel aux pays à agir rapidement pour accroître le soutien aux efforts déployés pour l’éradication de la poliomyélite – qui se trouvent dans la dernière ligne droite – et pour utiliser les enseignements tirés du programme de vaccination contre la poliomyélite pour renforcer les capacités de vaccination de routine partout sur le continent. 

« La vaccination sauver des vies. C’est l’un des meilleurs investissements en matière de santé que l’argent peut offrir », a indiqué la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « La pandémie de COVID-19 a eu une incidence très négative sur les efforts de vaccination en Afrique et il est désormais primordial pour nous de mener des campagnes de rattrapage, d’œuvrer pour le relèvement et de travailler pour le retour à la normale. »

En Afrique, les maladies évitables par la vaccination sont responsables de 93 % des épidémies de maladies infectieuses en cours. Des épidémies de maladies évitables par la vaccinationsévissent dans 31 pays africains, et 17 d’entre eux ont même connu plusieurs épidémies de maladies évitables par la vaccination. Si la volonté politique n’est pas réaffirmée et si des efforts intensifiés ne sont pas consentis immédiatement, l’on estime que la couverture vaccinale ne reviendra pas aux niveaux de 2019 avant 2027.

« Les enfants qui n’ont pas été vaccinés par les services de vaccination ont aussi généralement un accès limité ou inexistant à la santé, à la nutrition, à l’éducation et à d’autres services sociaux. Avec une forte volonté politique et des investissements accrus dans les services essentiels pour les enfants, y compris la vaccination, nous pouvons accélérer les progrès vers l’Agenda de vaccination 2030, l’Agenda 2063 de l’Union africaine et les objectifs mondiaux de développement durable 2030 pour assurer une Afrique plus saine, plus sûre et plus prospère pour ses enfants et pour tous », a déclaré Marie-Pierre Poirier, Directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

La déclaration intitulée « Créer une dynamique pour la reprise de la vaccination de routine en Afrique » vise également à raviver l’engagement du continent à atteindre les objectifs énoncés dans le Programme pour la vaccination à l’horizon 2030, une nouvelle stratégie mondiale dont le but est de relever les défis de la vaccination et de sauver plus de 50 millions de vies dans le monde.

La déclaration a invité les communautés économiques régionales africaines, les organisations de santé et la Banque africaine de développement à soutenir l’initiative. Elle a également exhorté les fabricants de vaccins à améliorer l’accès aux doses et l’UNICEF et l’OMS à aider les pays à suivre les progrès vers les objectifs en matière de vaccination.

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Selon les estimations de l’UNICEF et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 8,4 millions d’enfants dans la Région africaine, contre 18 millions dans le monde, ont été exclus des services de vaccination en 2021. L’accès aux services de vaccination est encore plus difficile dans les communautés pauvres ou marginalisées et dans les communautés rendues vulnérables par des conflits ou dans celles qui vivent dans des environnements fragiles.

Au cours d’un évènement de haut niveau organisé en marge de la 36ème session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine qui s’est tenue à Addis-Abeba, les chefs d’État et de gouvernement africains ont approuvé une déclaration visant à créer une dynamique pour la reprise de la vaccination de routine en Afrique. À cet effet, les dirigeants africains se sont engagés à « renforcer la dynamique pour que toutes les populations bénéficient d’un accès universel à la vaccination afin de réduire la mortalité, la morbidité et le handicap et, partant, de faire en sorte que les États Membres puissent atteindre les cibles des objectifs de développement durable liés à la santé qu’ils se sont fixées, ainsi que leurs objectifs économiques et de développement ».

« Nous sommes convaincus qu’il est possible d’atteindre les objectifs nationaux et mondiaux en matière de vaccination, y compris les objectifs d’éradication et d’élimination. Nous croyons que les progrès dans la réalisation de ces objectifs constituent un levier pour des résultats de santé équitables pour les enfants, les mères et la population dans son ensemble », a déclaré S.E. Dr Julius Maada Bio, Président de la Sierra Léone. « Nous pensons, en tant que gouvernement, que le retour sur investissement de la vaccination est très élevé pour notre quête d’atteindre les ODD. »

La déclaration, qui a sanctionné l’évènement organisé conjointement par la Commission de la santé, des affaires humanitaires et du développement social de l’Union africaine, le Gouvernement de la Sierra Léone et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a également appelé à des mesures urgentes pour lever « les obstacles persistants dans les systèmes de vaccination et de prestation de soins de santé, en particulier dans les communautés les plus pauvres, vulnérables et marginalisées ».

Sur le continent, la couverture vaccinale pour de nombreuses maladies évitables par la vaccination est bien inférieure à la fourchette de 90-95 % requise pour que l’Afrique reste exempte de ces maladies. Par exemple, en 2021, la couverture vaccinale moyenne contre la rougeole était de 69 %, alors que celle contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche était de 82,5 % et que la couverture pour la troisième dose du vaccin contre la polio était de 81,5 %.

« Eu égard à la Déclaration d’Addis-Abeba sur la vaccination que les chefs d’État ont approuvée lors du 28ème Sommet de l’Union africaine, les dirigeants africains ont pour mandat de mobiliser un financement durable pour élargir l’accès à la vaccination et de travailler avec les communautés pour renforcer les systèmes de vaccination partout sur le continent. Nous pouvons mettre fin aux maladies évitables par la vaccination et sauver un nombre encore plus important de vies. Cette démarche est essentielle pour bâtir des communautés saines et prospères, comme le prévoit l’Agenda 2063 de l’Union africaine, intitulé L’Afrique que nous voulons », a relevé S.E. Minata SamatéCessouma, Commissaire à la santé, aux affaires humanitaires et au développement social de l’Union africaine.

La déclaration faite aujourd’hui invite expressément les pays à maintenir la vaccination comme une priorité alors qu’ils se relèvent de la COVID-19, et à vacciner tous les enfants qui n’ont pas encore été protégés. Les chefs d’État ont aussi lancé un appel aux pays à agir rapidement pour accroître le soutien aux efforts déployés pour l’éradication de la poliomyélite – qui se trouvent dans la dernière ligne droite – et pour utiliser les enseignements tirés du programme de vaccination contre la poliomyélite pour renforcer les capacités de vaccination de routine partout sur le continent. 

« La vaccination sauver des vies. C’est l’un des meilleurs investissements en matière de santé que l’argent peut offrir », a indiqué la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « La pandémie de COVID-19 a eu une incidence très négative sur les efforts de vaccination en Afrique et il est désormais primordial pour nous de mener des campagnes de rattrapage, d’œuvrer pour le relèvement et de travailler pour le retour à la normale. »

En Afrique, les maladies évitables par la vaccination sont responsables de 93 % des épidémies de maladies infectieuses en cours. Des épidémies de maladies évitables par la vaccinationsévissent dans 31 pays africains, et 17 d’entre eux ont même connu plusieurs épidémies de maladies évitables par la vaccination. Si la volonté politique n’est pas réaffirmée et si des efforts intensifiés ne sont pas consentis immédiatement, l’on estime que la couverture vaccinale ne reviendra pas aux niveaux de 2019 avant 2027.

« Les enfants qui n’ont pas été vaccinés par les services de vaccination ont aussi généralement un accès limité ou inexistant à la santé, à la nutrition, à l’éducation et à d’autres services sociaux. Avec une forte volonté politique et des investissements accrus dans les services essentiels pour les enfants, y compris la vaccination, nous pouvons accélérer les progrès vers l’Agenda de vaccination 2030, l’Agenda 2063 de l’Union africaine et les objectifs mondiaux de développement durable 2030 pour assurer une Afrique plus saine, plus sûre et plus prospère pour ses enfants et pour tous », a déclaré Marie-Pierre Poirier, Directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

La déclaration intitulée « Créer une dynamique pour la reprise de la vaccination de routine en Afrique » vise également à raviver l’engagement du continent à atteindre les objectifs énoncés dans le Programme pour la vaccination à l’horizon 2030, une nouvelle stratégie mondiale dont le but est de relever les défis de la vaccination et de sauver plus de 50 millions de vies dans le monde.

La déclaration a invité les communautés économiques régionales africaines, les organisations de santé et la Banque africaine de développement à soutenir l’initiative. Elle a également exhorté les fabricants de vaccins à améliorer l’accès aux doses et l’UNICEF et l’OMS à aider les pays à suivre les progrès vers les objectifs en matière de vaccination.

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