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jeudi, mai 23, 2024
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Plus des deux tiers des Africains ont été exposés au virus responsable de la COVID-19, selon l’OMS

Jusqu’à 65 % des Africains ont été infectés par le SARS-CoV-2, le virus responsable de la COVID-19, selon une analyse de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’étude révèle que le nombre réel des personnes infectées sur le continent est 97 fois plus élevé que le nombre de cas confirmés qui ont été officiellement notifiés.

L’analyse, qui est disponible sous la forme d’un document préimprimé en cours de relecture par des pairs, synthétise 151 études publiées sur la séroprévalence en Afrique entre janvier 2020 et décembre 2021. Le document révèle que l’exposition au SARS-CoV-2 a connu une forte hausse de 3 % (dans une marge comprise entre 1 % et 9,2 %) en juin 2020 pour s’établir à 65 % (dans une marge comprise entre 56,3 % et 73 %) en septembre 2021, ce qui équivaut à 800 millions d’infections, alors que seulement 8,2 millions de cas ont été notifiés sur la même période. L’étude montre que l’exposition au virus a fortement augmenté à la suite de l’apparition des variants Bêta et Delta.

L’analyse montre ainsi que le véritable nombre d’infections pourrait être jusqu’à 97 fois plus élevé que le nombre de cas signalés. Dans le monde, le nombre d’infections serait en moyenne 16 fois plus élevé que celui des cas confirmés.

Cependant, la séroprévalence a fortement varié à l’intérieur des pays et d’un pays à l’autre en Afrique. Par ailleurs, celle-ci était plus élevée dans les centres urbains plus densément peuplés que dans les zones rurales. La séroprévalence a aussi varié entre les classes d’âge, les enfants âgés de 0 à 9 ans étant moins infectés que les adultes. L’exposition au virus était également différente d’une sous-région à une autre : par exemple, la séroprévalence semble plus élevée en Afrique de l’Est, en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

Cette nouvelle analyse suggère que plus des deux tiers de tous les Africains ont été exposés au virus de la COVID-19. Les études mondiales sur la séroprévalence ont montré un sous-dénombrement considérable du nombre de cas survenus dans le monde, avec 45,2 % de la population mondiale qui a été infectée par le virus jusqu’en septembre 2021, selon les estimations. Il est néanmoins difficile de comparer les données pour l’Afrique avec celles des autres Régions, car beaucoup d’études réalisées couvrent des périodes différentes.

Le continent se distingue des autres Régions par son nombre élevé de cas asymptomatiques, 67 % des cas ne présentant aucun symptôme de la maladie.

« Cette analyse montre que les cas confirmés de COVID-19 actuellement notifiés ne représentent qu’une fraction du nombre réel d’infections sur le continent », a souligné la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Cette sous-estimation se produit dans le monde entier et il n’est pas surprenant que les chiffres soient particulièrement élevés en Afrique où il y a tant de cas asymptomatiques. »

Les études de séroprévalence fournissent des données sur les infections asymptomatiques ou sous-notifiées qui pourraient avoir été manquées par les tests de diagnostic courants qui, en Afrique, ont été effectués essentiellement sur les voyageurs et les personnes qui se sont rendues dans les hôpitaux avec des symptômes de la COVID-19. Bien que cette nouvelle analyse permette de comprendre l’évolution de la pandémie, il convient de rappeler que le dépistage systématique reste une composante essentielle de la lutte contre la pandémie de COVID-19 dans tous les pays.

« Les tests nous donnent la possibilité de surveiller le virus en temps réel, de suivre son évolution et d’évaluer l’apparition de nouveaux variants. Si nous voulons garder une longueur d’avance sur la COVID-19, les pays doivent intensifier le dépistage, la recherche des contacts et la surveillance », a déclaré la Dre Moeti.

Au 6 avril 2022, en tout 11,5 millions de cas confirmés et plus de 252 000 décès avaient été notifiés sur le continent. Il est probable que le nombre d’expositions réelles au virus a augmenté depuis septembre 2021.

L’Afrique a connu des cas moins sévères que d’autres régions du monde parce que la proportion des personnes présentant des facteurs de risque tels que le diabète, l’hypertension et d’autres maladies chroniques susceptibles d’entraîner une forme grave de la maladie et un décès est comparativement plus faible sur le continent. La jeunesse de sa population a été un autre facteur de protection pour l’Afrique.

« Malgré le recul des infections en Afrique et de la forte exposition au virus, nous ne pouvons pas encore crier victoire contre la COVID-19 », a averti la Dre Moeti. « L’analyse de la séroprévalence montre à quel point le virus continue de circuler, en particulier avec de nouveaux variants hautement transmissibles. Les risques d’apparition de variants plus mortels qui neutralisent l’immunité acquise lors des infections passées ne peuvent pas être ignorés. La vaccination reste donc une arme essentielle dans la lutte contre la COVID-19. »

De multiples études ont montré que la vaccination des sujets précédemment infectés était bénéfique, car elle confère une meilleure protection par rapport à la seule immunité induite par l’infection. À ce jour, 209 millions de personnes, soit 16 % de la population, sont entièrement vaccinées en Afrique, où 457 millions de doses de vaccin anti-COVID-19 ont été administrées sur les 816 millions de doses de vaccins reçues. L’OMS s’emploie à accompagner les pays dans l’intensification de la vaccination.

La Dre Moeti s’est exprimée aujourd’hui lors d’une conférence de presse en ligne. Elle était accompagnée par le professeur Guéladio Cissé, auteur principal chargé de la coordination du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et de l’Institut tropical et de santé publique suisse à l’Université de Bâle, en Suisse, et par la Dre Irene Owusu Donkor, post-doctorante, membre de l’Initiative africaine de formation postdoctorale et chargée de recherche au Noguchi Memorial Institute for Medical Research au Ghana.

Étaient également présents pour répondre aux questions, les experts du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique : le Dr Joseph Okeibunor, chef de l’équipe de Recherche, développement et innovation, le Dr Thierno Baldé, Responsable des opérations de riposte à la COVID-19, la Dre Edinam Amavi, chargée de la sûreté des vaccins, et le Dr Brama Koné, administrateur technique, changement climatique et de santé.

Plus des deux tiers des Africains ont été exposés au virus responsable de la COVID-19, selon une étude de l’OMS

 

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Plus des deux tiers des Africains ont été exposés au virus responsable de la COVID-19, selon l’OMS

Jusqu’à 65 % des Africains ont été infectés par le SARS-CoV-2, le virus responsable de la COVID-19, selon une analyse de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’étude révèle que le nombre réel des personnes infectées sur le continent est 97 fois plus élevé que le nombre de cas confirmés qui ont été officiellement notifiés.

L’analyse, qui est disponible sous la forme d’un document préimprimé en cours de relecture par des pairs, synthétise 151 études publiées sur la séroprévalence en Afrique entre janvier 2020 et décembre 2021. Le document révèle que l’exposition au SARS-CoV-2 a connu une forte hausse de 3 % (dans une marge comprise entre 1 % et 9,2 %) en juin 2020 pour s’établir à 65 % (dans une marge comprise entre 56,3 % et 73 %) en septembre 2021, ce qui équivaut à 800 millions d’infections, alors que seulement 8,2 millions de cas ont été notifiés sur la même période. L’étude montre que l’exposition au virus a fortement augmenté à la suite de l’apparition des variants Bêta et Delta.

L’analyse montre ainsi que le véritable nombre d’infections pourrait être jusqu’à 97 fois plus élevé que le nombre de cas signalés. Dans le monde, le nombre d’infections serait en moyenne 16 fois plus élevé que celui des cas confirmés.

Cependant, la séroprévalence a fortement varié à l’intérieur des pays et d’un pays à l’autre en Afrique. Par ailleurs, celle-ci était plus élevée dans les centres urbains plus densément peuplés que dans les zones rurales. La séroprévalence a aussi varié entre les classes d’âge, les enfants âgés de 0 à 9 ans étant moins infectés que les adultes. L’exposition au virus était également différente d’une sous-région à une autre : par exemple, la séroprévalence semble plus élevée en Afrique de l’Est, en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

Cette nouvelle analyse suggère que plus des deux tiers de tous les Africains ont été exposés au virus de la COVID-19. Les études mondiales sur la séroprévalence ont montré un sous-dénombrement considérable du nombre de cas survenus dans le monde, avec 45,2 % de la population mondiale qui a été infectée par le virus jusqu’en septembre 2021, selon les estimations. Il est néanmoins difficile de comparer les données pour l’Afrique avec celles des autres Régions, car beaucoup d’études réalisées couvrent des périodes différentes.

Le continent se distingue des autres Régions par son nombre élevé de cas asymptomatiques, 67 % des cas ne présentant aucun symptôme de la maladie.

« Cette analyse montre que les cas confirmés de COVID-19 actuellement notifiés ne représentent qu’une fraction du nombre réel d’infections sur le continent », a souligné la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Cette sous-estimation se produit dans le monde entier et il n’est pas surprenant que les chiffres soient particulièrement élevés en Afrique où il y a tant de cas asymptomatiques. »

Les études de séroprévalence fournissent des données sur les infections asymptomatiques ou sous-notifiées qui pourraient avoir été manquées par les tests de diagnostic courants qui, en Afrique, ont été effectués essentiellement sur les voyageurs et les personnes qui se sont rendues dans les hôpitaux avec des symptômes de la COVID-19. Bien que cette nouvelle analyse permette de comprendre l’évolution de la pandémie, il convient de rappeler que le dépistage systématique reste une composante essentielle de la lutte contre la pandémie de COVID-19 dans tous les pays.

« Les tests nous donnent la possibilité de surveiller le virus en temps réel, de suivre son évolution et d’évaluer l’apparition de nouveaux variants. Si nous voulons garder une longueur d’avance sur la COVID-19, les pays doivent intensifier le dépistage, la recherche des contacts et la surveillance », a déclaré la Dre Moeti.

Au 6 avril 2022, en tout 11,5 millions de cas confirmés et plus de 252 000 décès avaient été notifiés sur le continent. Il est probable que le nombre d’expositions réelles au virus a augmenté depuis septembre 2021.

L’Afrique a connu des cas moins sévères que d’autres régions du monde parce que la proportion des personnes présentant des facteurs de risque tels que le diabète, l’hypertension et d’autres maladies chroniques susceptibles d’entraîner une forme grave de la maladie et un décès est comparativement plus faible sur le continent. La jeunesse de sa population a été un autre facteur de protection pour l’Afrique.

« Malgré le recul des infections en Afrique et de la forte exposition au virus, nous ne pouvons pas encore crier victoire contre la COVID-19 », a averti la Dre Moeti. « L’analyse de la séroprévalence montre à quel point le virus continue de circuler, en particulier avec de nouveaux variants hautement transmissibles. Les risques d’apparition de variants plus mortels qui neutralisent l’immunité acquise lors des infections passées ne peuvent pas être ignorés. La vaccination reste donc une arme essentielle dans la lutte contre la COVID-19. »

De multiples études ont montré que la vaccination des sujets précédemment infectés était bénéfique, car elle confère une meilleure protection par rapport à la seule immunité induite par l’infection. À ce jour, 209 millions de personnes, soit 16 % de la population, sont entièrement vaccinées en Afrique, où 457 millions de doses de vaccin anti-COVID-19 ont été administrées sur les 816 millions de doses de vaccins reçues. L’OMS s’emploie à accompagner les pays dans l’intensification de la vaccination.

La Dre Moeti s’est exprimée aujourd’hui lors d’une conférence de presse en ligne. Elle était accompagnée par le professeur Guéladio Cissé, auteur principal chargé de la coordination du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et de l’Institut tropical et de santé publique suisse à l’Université de Bâle, en Suisse, et par la Dre Irene Owusu Donkor, post-doctorante, membre de l’Initiative africaine de formation postdoctorale et chargée de recherche au Noguchi Memorial Institute for Medical Research au Ghana.

Étaient également présents pour répondre aux questions, les experts du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique : le Dr Joseph Okeibunor, chef de l’équipe de Recherche, développement et innovation, le Dr Thierno Baldé, Responsable des opérations de riposte à la COVID-19, la Dre Edinam Amavi, chargée de la sûreté des vaccins, et le Dr Brama Koné, administrateur technique, changement climatique et de santé.

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