« Investir dans le leadership féminin, c’est investir dans l’efficacité et la durabilité de nos systèmes de santé ». C’est le message porté par la présidente de Galien Africa, le professeur Anne‑Marie Coll Seck, lors d’un webinaire organisé dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes.

Placée sous le thème « Leadership des femmes en santé mondiale : influence stratégique sur les politiques publiques, justice sociale et modèles innovants de financement dans un contexte de ressources limitées », cette rencontre virtuelle a réuni plusieurs experts et acteurs du secteur de la santé. L’événement a été organisé en partenariat avec le bureau régional du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN).

Prenant la parole à cette occasion, le professeur Anne-Marie Coll Seck a rappelé que les femmes occupent une place centrale dans les systèmes de santé, même si leur contribution reste encore insuffisamment reconnue dans les sphères de décision. Elle a ainsi appelé à un changement de paradigme afin de renforcer leur participation dans la gouvernance des politiques publiques.

« Nous devons changer ce paradigme. L’expérience montre que lorsque les femmes participent à la gouvernance des politiques publiques, les stratégies deviennent plus inclusives et plus proches des besoins des populations », a-t-elle souligné.

De son côté, la présidente de l’Association des femmes médecins du Sénégal, Madame Fatou Ndiaye, a insisté sur le rôle déterminant que jouent les femmes médecins, chercheuses et professionnelles de santé dans l’amélioration de la santé publique.

Selon elle, pour transformer durablement les systèmes de santé, il est essentiel que leur expertise puisse également influencer les décisions politiques.

La même vision est partagée par la ministre-gouverneure de Côte d’Ivoire, Madame Raymonde Goudou Coffie, pour qui la promotion du leadership féminin dans le domaine de la santé dépasse la simple question de justice sociale.

« Les femmes apportent des perspectives différentes, souvent ancrées dans les réalités des communautés. Leur présence dans les instances de décision permet d’élaborer des politiques plus pertinentes et plus durables », a-t-elle affirmé.

Selon les données de Organisation mondiale de la santé (OMS), les femmes représentent la majorité de la main-d’œuvre dans le secteur de la santé, mais demeurent encore sous-représentées dans les postes de direction.

Pour le représentant résident de l’OMS au Sénégal, N’Da Kona Michel Yao, il est donc essentiel de corriger ce déséquilibre afin de bâtir des systèmes de santé plus résilients et de créer un environnement favorable à l’émergence d’une nouvelle génération de femmes leaders.

Dans la même dynamique, le directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Sennen Hounton, a souligné que le leadership des femmes constitue un levier essentiel pour accélérer les progrès en matière de santé reproductive, de droits des femmes et d’égalité de genre.

Enfin, la directrice des politiques et relations gouvernementales et des partenariats pour l’Afrique à la Fondation  Gates, Caty Fall Sow, a estimé que dans un contexte de ressources financières limitées, il devient indispensable de repenser les mécanismes de financement de la santé.

Elle a notamment plaidé pour un renforcement des partenariats entre gouvernements, fondations et organisations internationales afin de mobiliser davantage de ressources, tout en investissant dans les initiatives portées par les femmes, souvent à l’origine de solutions innovantes adaptées aux réalités locales.

 

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