Malgré l’alerte sanitaire persistante, les mesures de prévention contre Ebola sont largement négligées dans les transports en commun au Sud-Kivu.

Entre insouciance, manque de contrôle et pression économique, la région s’expose à un risque accru de propagation du virus.

Dans plusieurs axes routiers du Sud-Kivu, la vigilance face à Ebola semble s’effriter dangereusement. Dans les bus, minibus et motos-taxis, les gestes barrières recommandés par les autorités sanitaires sont rarement respectés. Le lavage des mains, la prise de température et le port du masque sont devenus des exceptions, alors même que la menace du virus reste bien réelle dans la région.

Sur le terrain, le constat est alarmant. Des conducteurs continuent d’entasser les passagers sans aucune mesure de distanciation. « On nous parle d’Ebola, mais personne ne contrôle réellement. Nous sommes obligés de travailler pour survivre », confie Jean-Pierre, chauffeur de taxi-bus à Bukavu. Comme lui, de nombreux opérateurs du transport privilégient le gain quotidien au détriment des consignes sanitaires.

Les passagers eux-mêmes ne sont pas exempts de reproches. Par ignorance, fatigue ou défiance envers les autorités, beaucoup montent à bord sans masque ni désinfection préalable. « Franchement, on ne voit même plus ces dispositifs dans les véhicules. On dirait que la maladie n’existe plus », regrette Aline, une commerçante rencontrée au marché de Kadutu.

Face à cette situation, les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme. « Le non-respect des mesures dans les transports est une bombe à retardement », avertit le docteur Mugenzi, épidémiologiste. Selon lui, la promiscuité et la mobilité constante des populations favorisent une propagation rapide du virus, surtout en l’absence de contrôle strict.

Du côté des autorités, les dispositifs de suivi semblent insuffisants. « Il y a un relâchement généralisé. Les équipes de contrôle ne sont plus visibles comme au début », déplore Chantal, agente d’une ONG locale. Cette absence de rigueur alimente un sentiment d’impunité et contribue à banaliser les risques liés à Ebola dans l’espace public.

Dans un contexte humanitaire déjà fragile, cette négligence pourrait avoir des conséquences dramatiques. Les experts appellent à un sursaut collectif : renforcer les contrôles, sensibiliser davantage et responsabiliser les acteurs du transport. Car sans discipline ni vigilance, le Sud-Kivu pourrait une fois de plus faire face à une crise sanitaire aux lourdes conséquences humaines et économiques.

Share.
Leave A Reply

Exit mobile version