Les inondations devenues récurrentes dans plusieurs territoires de la province de la Tshopo plongent des milliers de familles dans une situation humanitaire alarmante.

Le long du fleuve Congo ainsi que des rivières Aruwimi et Lomami, plusieurs habitants vivent désormais dans des conditions extrêmement précaires, dormant dans des pirogues ou sur des podiums de fortune communément appelés « Likengo ».

Les territoires les plus touchés par ces catastrophes naturelles sont notamment Basoko, Isangi, Yahuma ainsi qu’une partie du territoire d’Opala et la ville de Kisangani.

Dans plusieurs villages situés à faible altitude le long du fleuve Congo et des rivières, les habitants affirment ne plus être capables de déterminer les périodes exactes des crues, tant les inondations deviennent fréquentes et imprévisibles.

Les eaux envahissent régulièrement les habitations, les cimetières, les centres de santé, les écoles, les églises, les latrines ainsi que les puits d’eau potable. Cette situation expose les populations à de graves risques sanitaires et perturbe fortement la vie sociale et économique des communautés locales.

« Nous habitons ici pour pratiquer la pêche, l’élevage et d’autres activités qui nous permettent de faire vivre nos familles. Nous consommons l’eau du fleuve sans traitement, ce qui nous expose à plusieurs maladies hydriques. À chaque inondation, nous perdons nos maisons. Nous construisons des podiums appelés “Likengo” pour survivre, et parfois nous dormons dans des pirogues. Tous les déplacements se font à l’aide des pirogues. Nous faisons nos besoins dans le fleuve et c’est cette même eau que nous buvons », témoigne un sinistré du village de Yandjali.

Les victimes lancent un appel urgent au gouvernement central, aux autorités provinciales ainsi qu’aux partenaires humanitaires afin d’intervenir rapidement pour assister les populations affectées.

Outre les pertes d’habitations, les inondations paralysent également plusieurs activités économiques locales telles que l’agriculture, l’usinage des noix de palme et le petit commerce, aggravant davantage la pauvreté dans ces zones rurales.

Le secteur éducatif n’est pas épargné. Dans plusieurs villages submergés par les eaux, les écoles restent inaccessibles pendant plusieurs jours, perturbant ainsi le calendrier scolaire et compromettant l’apprentissage des élèves.

Face à cette situation, les habitants des zones sinistrées espèrent des solutions durables pour prévenir les conséquences des inondations répétitives qui fragilisent chaque année davantage leurs conditions de vie.

 

Augustin Tsheza

Share.
Leave A Reply

Exit mobile version