« Je suis femme. Je suis mère. Je suis sœur, tante, grand-mère… J’ai un cœur de femme. Mais, au-delà de tout, je suis avant tout un être humain. Oui, une personne humaine, dotée de toutes les capacités, de tous les talents et de tout le potentiel nécessaires pour contribuer pleinement à la société.

Et pourtant, l’injustice sociale qui marque encore le monde d’aujourd’hui heurte profondément ma conscience. Nous vivons dans un monde qui proclame la justice, les droits et l’émancipation de la femme et de la fille, mais qui, dans les faits, ne leur donne pas toujours les moyens de jouir réellement et pleinement de cette égalité tant revendiquée.
Pour obtenir cette justice et ces droits, la femme doit encore lutter. Comme si l’égalité devait être méritée, conquise, arrachée. On a parfois l’impression que ces grandes déclarations ne sont qu’une distraction ou une forme de mise en scène qui maintient les femmes dans un cycle de revendications sans fin, dicté année après année par de nouveaux thèmes et slogans.

Car la vie d’une femme est souvent une succession de combats. Elle lutte dès l’enfance. Elle se bat dans la famille, dans les études, dans la vie professionnelle, et même dans les sphères de pouvoir. Et, chaque année, de nouveaux thèmes nationaux ou internationaux viennent encore lui rappeler qu’elle doit continuer à lutter, alors même que les batailles précédentes ne sont pas encore gagnées.
Partout dans le monde, on parle aujourd’hui de l’autonomisation des femmes et des filles, notamment dans des domaines majeurs comme la lutte contre le changement climatique, la gouvernance ou le développement. Pourtant, cette femme, cette fille qui s’engage et se positionne dans tous les secteurs de la société voit encore trop souvent ses efforts minimisés ou ignorés.
En 2026, si l’on veut véritablement parler de justice et de droits pour les femmes, l’action concrète serait simple : leur permettre de démontrer librement leurs capacités dans toutes les sphères de décision, qu’elles soient exécutives, législatives ou judiciaires.

Il est peut-être temps de se réveiller et de transformer les discours en réalités. Il est temps de construire une véritable complémentarité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines de décision, en particulier dans la sphère politique.

Selon ONU Femmes, au 15 septembre 2025, seuls 29 pays comptent 32 femmes chefs d’État ou de gouvernement. Au rythme actuel, il faudrait encore 130 ans pour atteindre la parité dans les plus hautes sphères de décision politique. Les données d’ONU Femmes montrent également que, au 1er janvier 2025, les femmes représentent seulement 22,9 % des membres de cabinet ministériel à la tête de domaines politiques. À peine neuf pays ont atteint ou dépassé 50 % de femmes ministres. Dans le monde, seuls 19 pays ont une femme chef d’État et seulement 22 pays une femme chef de gouvernement.

Ces chiffres doivent nous interpeller. Car la question centrale aujourd’hui est bien celle-ci : comment réduire cet écart ? Comment permettre à la femme, et surtout à la jeune fille qui deviendra la femme de demain, de prendre pleinement sa place dans les lieux où se décident l’avenir des nations ?

Ces réalités montrent que la présence des femmes dans les lieux de pouvoir reste encore largement insuffisante.
Trop souvent, la femme est cantonnée aux domaines sociaux, comme si ses capacités intellectuelles et stratégiques se limitaient à ces secteurs. Pourtant, les parlements, les administrations, la diplomatie, l’industrie et tous les autres domaines de la vie publique doivent être pleinement ouverts aux femmes.

Je salue ici les efforts remarquables de Mme Wagner en République démocratique du Congo, qui illustrent combien les femmes peuvent jouer un rôle essentiel dans la diplomatie et la gouvernance.

J’en suis convaincue : nous pouvons. Si nous le voulons, nous pouvons accomplir beaucoup.
Alors avançons ensemble, main dans la main, sans distinction de race, de culture ou d’origine, vers un monde où les femmes seront davantage présentes dans tous les secteurs de la société, un monde où la compétence, le mérite et l’engagement de chacune seront enfin reconnus à leur juste valeur ».

Tribune de Miphy BUATA ELEKE, journaliste de l’Agence congolaise de presse à Rome en Italie.

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