Dans les allées animées des marchés de Bukavu, un danger silencieux s’installe et menace chaque jour la santé des consommateurs.

De nombreux étals regorgent de produits alimentaires et pharmaceutiques dont la date de péremption est largement dépassée, certains étant déjà visiblement avariés. Exposées à ciel ouvert, sans aucune mesure de conservation adéquate, ces denrées constituent un véritable risque sanitaire pour une population souvent contrainte de consommer ce qui est disponible, faute d’alternatives.

Les articles incriminés sont multiples et touchent presque tous les segments de la consommation courante : biscuits, conserves, boissons sucrées, jus en bouteilles plastiques, mais aussi des médicaments. Cette diversité inquiète d’autant plus qu’elle révèle une banalisation de la vente de produits impropres à la consommation, dans une ville où les marchés jouent un rôle central dans l’approvisionnement quotidien des ménages.

Derrière cette situation alarmante se cachent de graves défaillances dans les mécanismes de contrôle. Les failles apparaissent dès l’entrée des marchandises dans les territoires, se poursuivent tout au long de leur transport et culminent sur les marchés urbains, où l’absence de suivi favorise toutes les dérives. Les services censés assurer la sécurité sanitaire semblent dépassés, voire absents, laissant le champ libre à des pratiques dangereuses.

Pour le nutritionniste Daniel Murhula, cette prolifération de produits périmés est le symptôme d’un manque criant de contrôle, tant au niveau de l’importation que lors de la mise en vente au détail. Il alerte sur les conséquences graves que peut entraîner la consommation régulière de ces denrées, notamment les intoxications alimentaires, les troubles digestifs et d’autres pathologies plus sévères. Face à ce constat, un renforcement urgent des contrôles et une responsabilisation des acteurs du commerce s’imposent pour protéger la santé publique et restaurer la confiance des consommateurs de Bukavu.

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