SANRU Asbl a lancé un appel à l’engagement individuel en faveur du dépistage de la drépanocytose afin que chacun puisse connaître son statut électrophorétique. Cet appel a été formulé par son Directeur en charge du Portefeuille lors de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose, organisée sous le thème : « Le dépistage, un geste d’amour et de responsabilité ».

Selon le Dr Philippe Lukanu, la connaissance de son statut électrophorétique constitue le message le plus important à transmettre à l’occasion de cette journée.

« Grâce à cette connaissance, chacun pourra prendre les dispositions nécessaires. C’est ainsi que nous pourrons lutter efficacement contre cette maladie qui continue de se propager en raison de l’ignorance et du manque d’information », a-t-il déclaré.

Se référant aux témoignages et aux besoins exprimés par les enfants vivant avec la drépanocytose, le responsable de SANRU Asbl a plaidé pour un meilleur accès aux médicaments de qualité afin d’améliorer leur espérance et leur qualité de vie, à l’instar de ce qui se fait dans d’autres pays.

Plus de 1 157 enfants pris en charge dans le cadre du projet Drepaccy

 1 157 enfants bénéficient actuellement d’une prise en charge dans le cadre du projet Drepaccy. Il s’agit des enfants dépistés au cours de la première phase du programme.

« Nous sommes aujourd’hui dans la deuxième phase du projet, qui a permis la formation de prestataires dans 49 zones de santé. L’objectif initial était que les partenaires soutiennent le processus de formation, tandis que le Gouvernement assure progressivement le dépistage et la prise en charge des patients », a-t-il expliqué, tout en espérant que ces zones de santé seront en mesure d’intégrer durablement le dépistage et la prise en charge de la drépanocytose dans les soins de santé primaires.

S’appuyant sur le thème retenu cette année, le Directeur adjoint du Programme national de lutte contre la Drépanocytose (PNLD), a insisté sur l’importance de connaître son statut électrophorétique avant le mariage, considérant cette démarche comme un acte de prévoyance, de responsabilité et d’amour envers les générations futures.

« Nous savons que la lutte contre la drépanocytose exige l’engagement des autorités publiques, des professionnels de santé, des établissements sanitaires, des entreprises, des organisations de la société civile, des leaders communautaires et des familles. A travers cette commémoration, nous souhaitons renforcer la sensibilisation, promouvoir le dépistage précoce, améliorer la prise en charge et accompagner les personnes vivant avec la drépanocytose », a souligné M. Léopold Nzambipungu.

Des enfants drépanocytaires bénéficiant d’un appui financier (Photo: Yassa)

Le Gouvernement appelle à une solidarité active

Intervenant au nom du Secrétaire général à la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Mme Rose Mundala a lancé un appel à la solidarité nationale et internationale face à cette maladie qui continue de faire de nombreuses victimes dans le silence.

Elle a rappelé que la République démocratique du Congo figure parmi les pays les plus touchés en Afrique par la drépanocytose après le Nigeria. Chaque année, des milliers d’enfants naissent avec cette maladie génétique et, sans une prise en charge appropriée, une grande partie d’entre eux risque de mourir avant l’âge de cinquante ans.

« Il s’agit d’une tragédie sanitaire, mais aussi humaine et sociale. C’est pourquoi, au nom du Gouvernement, je lance un appel solennel à la solidarité active. Nous ne sollicitons pas seulement des ressources financières ; nous invitons chacun à contribuer à un acte fondateur : garantir la continuité de la vie pour ces enfants en soutenant l’approvisionnement en médicaments essentiels. Vous ne faites pas un simple don, vous posez un véritable acte d’amour et de responsabilité », a-t-elle déclaré.

Mme Mundala a également tiré la sonnette d’alarme sur les ruptures de stocks de médicaments essentiels tels que la pénicilline, l’acide folique et le paracétamol.

Selon elle, sans ces traitements de base, les 1 157 enfants suivis dans le cadre du projet Drepaccy risquent à nouveau d’être exposés aux crises vaso-occlusives sévères, aux infections opportunistes et à d’autres complications potentiellement mortelles.

La journée s’est clôturée par des témoignages aussi par un appel à la mobilisation de ressources en faveur des enfants drépanocytaires. Plusieurs personnes de bonne volonté ont répondu favorablement à cet appel en apportant des contributions financières et des dons en nature destinés à soutenir la continuité de leur prise en charge.

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