Malgré l’expérience acquise par la République démocratique du Congo dans la gestion des épidémies de maladie la virus Ebola, la 17è de souche bundibugyo se révèle particulièrement complexe. Les conflits armés, l’accès difficile à certaines zones et la résistance de certaines communautés constituent malheureusement les principaux défis pour les équipes de riposte.

Selon le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, qui l’a dit lors d’une conférence de presse, organisé ce samedi 22 aout 2025, le contexte dans lequel survient cette nouvelle épidémie permet de mieux comprendre les difficultés rencontrées sur le terrain.

Une expertise nationale déjà éprouvée, mais la 17è épidémie sévit dans un contexte différent

La RDC dispose pourtant d’une expérience importante dans la gestion des épidémies d’Ebola. En 2025, le pays avait réussi à contrôler la seizième épidémie, déclarée dans la zone de santé de Bulape, dans la province du Kasaï.

« En 2025, nous avons eu l’épidémie d’Ebola au niveau de la province du Kasaï, dans la zone de santé de Bulape, et nous avons pu la contrôler en six semaines seulement. Au bout de trois mois, nous avons déclaré la fin de cette épidémie (…) Cela prouve qu’il y a une certaine expertise, il y a de l’expérience au niveau de notre pays, au niveau de l’INSP qui a coordonné cette seizième épidémie », a déclaré le Directeur général de l’INSP, attribuant cette performance à l’expertise développée au fil des années par les équipes congolaises.

Mais, la situation actuelle présente des caractéristiques différentes. La dix-septième épidémie sévit dans un  environnement marqué par l’insécurité et les conflits armés.

Dans certaines zones, les équipes de riposte ne peuvent pas accéder librement aux populations pour mener les activités de surveillance, de sensibilisation et de prise en charge.

 » La dix-septième épidémie à laquelle nous faisons face aujourd’hui survient dans une province où nous savons que les conditions sécuritaires posent problème (…)  A ce jour, nous continuons toujours à avoir des poches de résistance où, avec les conflits armés, les groupes armés ne permettent pas à nos équipes de pénétrer et de mener les interventions, les actions de riposte dans ces zones-là », a regretté le Directeur général de l’INSP.

Cette situation expose également les équipes et les moyens logistiques de la riposte à des incidents.

La résistance communautaire, un autre obstacle majeur en plus de l’insécurité

A l’insécurité s’ajoute la réticence de certaines communautés à collaborer pleinement avec les équipes sanitaires. Cette faible adhésion aux messages de sensibilisation peut ralentir l’identification des cas, le suivi des contacts et la prise en charge des personnes suspectes.

« Dans certaines communautés, il y a encore de la réticence, où les communautés n’ont pas encore vraiment adhéré aux messages de sensibilisation et ne permettent pas à nos équipes de mener toutes les interventions de manière efficace (…) Principalement, c’est les conflits armés et la résistance communautaire auxquels nous faisons face maintenant comme les principaux obstacles », a déploré le numéro 1 de l’INSP, visiblement préoccupé par le comportement de la communauté.

Des défis logistiques persistent

Abordant cette problématique, le directeur général de l’INSP estime que la riposte doit également maintenir un important dispositif logistique dans les zones affectées. Il s’agit notamment d’acheminer les intrants, de renforcer les capacités de prise en charge et d’assurer le diagnostic des cas suspects.

« Il faut déployer et continuer à déployer des intrants. Il faut une logistique assez forte au niveau de toutes les zones de santé touchées. Il faut mettre en place tous les dispositifs de réponse en termes de capacités de prise en charge et de diagnostic. Tout cela demeure aussi quelques obstacles, mais principalement, ce sont les conflits armés et la résistance communautaire auxquels nous faisons face maintenant », a conclu le directeur général de l’INSP, le Dr Dieudonné Mwamba.

L’INSP insiste sur le respect des mesures barrières

L’INSP appelle la population Iturienne en particulier et celle des provinces environnantes mais aussi celle dont les villes sont touchées récemment au respect strict des mesures barrières pour limiter la propagation de la maladie à virus #Ebola :

Lavez-vous régulièrement les mains à l’eau propre et au savon ou utilisez une solution hydroalcoolique ;

Évitez tout contact avec une personne présentant des signes suspects de MVE ;

En cas de symptômes tels que fièvre, maux de tête, vomissements, diarrhée, saignements ou douleurs musculaires, rendez-vous immédiatement dans le centre de santé le plus proche ou composez le *151#.

La vigilance et la prévention sauvent des vies.

 

 

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