À Kamanyola, dans le territoire de Walungu au Sud-Kivu, la nature a une nouvelle fois montré son visage implacable.

Dans l’après-midi du samedi 14 février 2026, une pluie diluvienne accompagnée de rafales violentes s’est abattue sur la cité, transformant rues et parcelles en torrents incontrôlables et laissant derrière elle un paysage marqué par la désolation.

Sous l’effet des précipitations intenses, les eaux de ruissellement ont envahi plusieurs quartiers, emportant sur leur passage la stabilité des sols et fragilisant les habitations. Des maisons ont été partiellement détruites, d’autres se sont retrouvées submergées, tandis que de nombreuses toitures ont été arrachées par la force du vent. Le sol, saturé d’eau, a cédé par endroits, accentuant les dégâts et exposant les habitants aux conséquences directes de la dégradation environnementale.

« L’eau a tout envahi », témoigne un habitant du quartier Kamabara, encore sous le choc. Comme beaucoup d’autres, il a vu ses biens endommagés par les inondations soudaines, symptôme d’un phénomène qui devient de plus en plus fréquent dans cette zone.

Au-delà des pertes matérielles, cet épisode met en lumière une réalité environnementale préoccupante. L’intensification des pluies, combinée à l’érosion des sols, à la disparition progressive de la couverture végétale et à l’occupation croissante des zones vulnérables, accroît la capacité destructrice des intempéries. À chaque averse, les eaux trouvent moins d’obstacles pour ralentir leur course, transformant les pentes et les parcelles en couloirs d’inondation.

Depuis plusieurs semaines, Kamanyola subit une succession d’épisodes climatiques extrêmes. Cette répétition fragilise davantage les terres, lessive les sols et accentue les risques d’érosion, d’effondrement et d’inondation. L’environnement local, déjà mis à rude épreuve par les pressions humaines et les changements climatiques, semble perdre progressivement sa capacité de résilience.

Face à cette situation, la catastrophe dépasse le simple cadre météorologique. Elle pose avec acuité la question de la gestion des terres, de la protection des bassins versants, du reboisement et de l’aménagement durable des zones habitées. Sans une réponse environnementale adaptée, chaque saison des pluies risque de reproduire le même scénario de destruction.

Aujourd’hui, à Kamanyola, le silence laissé par la tempête rappelle une vérité inquiétante : lorsque l’équilibre entre l’homme et son environnement se rompt, la nature reprend ses droits, souvent au prix de lourdes conséquences.

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