À Shabunda, donner la vie est devenu un acte à haut risque. Depuis novembre 2025 jusqu’en janvier 2026 en cours, neuf personnes ont trouvé la mort lors d’interventions chirurgicales, dont cinq femmes décédées en plein accouchement. En cause : des structures sanitaires non conformes et des pratiques médicales assimilées à du charlatanisme.
Les chiffres font froid dans le dos et masquent à peine la souffrance humaine. Neuf décès post-opératoires en quelques mois, dans un territoire déjà fragilisé par l’isolement et le manque d’infrastructures. Derrière ces statistiques, ce sont des familles brisées et une communauté entière plongée dans l’angoisse.
Pour Agnès Sadiki, notable locale, la situation est « une honte nationale ». Elle s’indigne : « Cinq femmes sont mortes en mettant au monde leurs enfants, c’est inacceptable en 2025. » Selon elle, « les structures sanitaires de Shabunda ne sont pas viables et le personnel n’est pas suffisamment qualifié », une combinaison mortelle pour les patientes.
Les habitants racontent une réalité crue. « On nous demande de payer, mais on ne nous garantit même pas la survie », témoigne un proche de victime. Une mère endeuillée confie : « Ma fille est morte sur la table d’opération, sans même une explication claire. » Ces paroles traduisent une profonde perte de confiance envers le système de santé.
Interpellé, le médecin chef de zone confirme les dysfonctionnements. « Nous faisons face à des gens sans formation médicale qui pratiquent des interventions chirurgicales », reconnaît le Dr Guillaume Shabani. Il précise : « Tous les décès enregistrés ont eu lieu dans des établissements qui ne respectent pas les normes sanitaires exigées. »
La colère monte au sein de la population. « L’État doit assumer ses responsabilités », lance un leader communautaire. Un agent de santé local avertit : « Si rien ne change, les femmes continueront à mourir en silence. » À Shabunda, l’urgence est vitale : réhabiliter les structures, assainir le secteur de la santé et restaurer la confiance avant que l’hôpital ne reste synonyme de mort.



