Face aux risques de propagation des maladies épidémiques le long des voies navigables, l’initiative « Fleuve sans Ebola » ambitionne de dépasser le cadre de l’urgence actuelle pour poser les bases d’un dispositif durable de surveillance sanitaire dans le bassin Congo–Oubangui–Sangha. Une vision régionale qui pourrait concerner plusieurs pays d’Afrique centrale.
Lancée dans un contexte marqué par la riposte contre les maladies à potentiel épidémique en République démocratique du Congo, l’initiative « Fleuve sans Ebola » se veut bien plus qu’une réponse ponctuelle à une crise sanitaire. Elle ambitionne de transformer l’urgence actuelle en une opportunité pour bâtir un système durable de prévention et de surveillance des maladies le long des grands corridors fluviaux d’Afrique centrale.
Selon l’Expert de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Didier Bompangue, le projet constitue le point de départ d’une prise de conscience de la vulnérabilité que représentent les voies fluviales dans la circulation des populations et, potentiellement, des agents pathogènes à travers le bassin du Congo–Oubangui–Sangha.
Du fleuve Congo à une approche régionale
La perspective affichée est d’élargir progressivement le champ d’action de l’initiative. Au-delà de la République démocratique du Congo, l’objectif est de faire émerger un dispositif capable de surveiller l’apparition et la propagation des maladies à potentiel épidémique dans l’ensemble de la sous-région d’Afrique centrale.
« Il ne s’agit plus de réagir uniquement sur le court terme, mais d’utiliser l’urgence pour construire le futur », a résumé cet Expert de l’OMS à congocroissance.com
Soulignons que le bassin Congo–Oubangui–Sangha constitue en effet l’un des plus importants réseaux hydrographiques du monde et relie plusieurs territoires et communautés. Cette forte mobilité représente un enjeu majeur pour la surveillance sanitaire transfrontalière.
Les voies d’eau, un défi sanitaire ancien
S’exprimant à cet effet, Didier Bompangue, affirme le fait que le fleuve peut être un vecteur de propagation, mais ce phénomène n’est pas nouveau. « Il a toujours existé », souligne-t-il, rappelant notamment le rôle historique du transport maritime dans la propagation de plusieurs grandes épidémies.
Ainsi en RDC, l’expérience des précédentes crises sanitaires montre également l’importance stratégique de la surveillance des axes de mobilité. « Lorsqu’une maladie transmissible atteint certaines grandes villes ou zones connectées au réseau fluvial, le risque de propagation vers d’autres régions augmente avec les mouvements des populations », a souligné l’expert de l’OMS.
A cet effet, il estime capital de ne plus réagir au coup par coup. Car, la « principale nouveauté du projet « Fleuve sans Ebola » réside donc moins dans la découverte du risque que dans la volonté d’y apporter une réponse structurée et durable ».
Ainsi, l’ambition est de sortir de la logique des interventions d’urgence successives pour construire progressivement un mécanisme de prévention, de détection précoce et de coordination sanitaire adapté aux réalités du bassin du Congo–Oubangui–Sanga.
« Fleuve sans Ebola », une opportunité pour renforcer la sécurité sanitaire régionale
A terme, le projet pourrait contribuer à renforcer la coopération entre les pays d’Afrique centrale face aux menaces épidémiques. Car, au-delà des frontières administratives, les maladies suivent souvent les routes empruntées par les populations, les marchandises et les échanges commerciaux.
« Le moment est donc venu de transformer une crise en opportunité (…) Mieux vaut tard que jamais », a-t-il recommandé en appelant à inscrire la surveillance sanitaire des grands corridors fluviaux dans une vision de long terme.
Avec « Fleuve sans Ebola », la RDC entend ainsi ouvrir une nouvelle perspective, celle de faire de ses voies navigables non plus seulement des axes de commerce et de mobilité, mais aussi des espaces stratégiques de prévention et de protection sanitaire pour toute l’Afrique centrale.
Le projet « Fleuve sans Ebola » est mis en œuvre avec l’appui du mécanisme interagences de préparation et de riposte à Ebola réunissant l’OMS, l’OIM, l’UNICEF et le PAM. Il bénéficie d’un financement catalytique de 9 millions de dollars US des Nations Unies, mobilisé via OCHA Funds, pour renforcer durablement la ligne de défense du fleuve Congo contre Ebola, prévenir toute propagation du virus Bundibugyo vers les grandes agglomérations riveraines, notamment Mbandaka et Kinshasa, et réduire les risques de transmission vers les pays voisins, en particulier la République du Congo et la République centrafricaine.

L’INSP insiste sur le respect des mesures barrières
L’INSP appelle la population Iturienne en particulier et celle des provinces environnantes mais aussi celle dont les villes sont touchées récemment au respect strict des mesures barrières pour limiter la propagation de la maladie à virus #Ebola :