Face à une crise qui menace la paix sociale, le jeune leader Ézéchiel Lifaefi et la société civile interpellent directement le Gouverneur et le gouvernement provincial.

Rien ne va plus sur les marchés de la ville de Kisangani. Le riz, aliment de base de milliers de ménages boyomais, est devenu un produit de luxe.

Face à cette hausse vertigineuse et jugée artificielle, la détresse sociale grandit. C’est le sens du plaidoyer vibrant initié par l’assistant Ézéchiel Lifaefi, jeune leader local, soutenu par plusieurs forces vives de la région. Dans une interpellation officielle adressée au Gouverneur de province et à son exécutif, ils tirent la sonnette d’alarme.

 Une précarité galopante dans les ménages

Pour les familles à revenus faibles et moyens de Kisangani, la situation est devenue intenable. Le document déposé auprès des autorités décrit une réalité quotidienne révoltante : réduction des portions de nourriture, suppression de repas, vente de biens personnels ou recours à des substituts de piètre qualité.

« Cette hausse semble injustifiée et difficile à expliquer au regard des conditions de vie actuelles de la population », dénoncent les signataires, qui rappellent que cette crise met en péril la sécurité alimentaire et, par extension, la paix sociale dans la ville.

 Spéculation et opacité : les dérives du marché pointées du doigt

Loin d’être un simple phénomène économique passager, cette crise du riz cacherait des pratiques frauduleuses que la population ne veut plus tolérer. L’interpellation pointe directement des soupçons de monopoles de fait, de stockage abusif et d’ententes illicites entre certains commerçants pour maintenir les prix artificiellement hauts.

Face à ce constat, les citoyens demandent à l’État provincial de jouer son rôle de régulateur et proposent cinq axes d’action immédiats : renforcer les contrôles sur les prix et la qualité des produits; traquer la spéculation et sanctionner les pratiques de stockage abusif; fluidifier l’approvisionnement en soutenant les circuits de distribution officiels; stabiliser les prix par des mécanismes de ventes encadrées ou d’achats groupés d’urgence, faire preuve de transparence en publiant régulièrement l’état des stocks et des circuits pour rassurer l’opinion.

 L’appel à un plan d’urgence provincial

L’interpellation ne se contente pas de dresser un constat ; elle exige des autorités des actes concrets et rapides.

Ézéchiel Lifaefi et les parties prenantes réclament solennellement au gouvernement provincial : l’ouverture immédiate d’une enquête et d’un audit sur les causes réelles de cette hausse à Kisangani.

En effet, le déploiement d’un plan d’action urgent avec des mesures visibles dès les prochaines semaines.

L’organisation d’une table ronde (concertation) réunissant commerçants, producteurs, transporteurs, services publics et société civile.

La balle est désormais dans le camp du Gouverneur. À Kisangani, les regards sont braqués de manière pressante vers le gouvernorat, dans l’attente d’un signal fort pour redonner du pouvoir d’achat et de la dignité aux assiettes des Boyomais.

 

Augustin Tsheza

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