Le monde entier célèbre, chaque 22 mars, la Journée mondiale de l’eau. Une opportunité qui pourrait inspirer les autorités de la République démocratique du Congo à instaurer une journée dédiée à la fête de l’eau, au regard des immenses potentialités qu’offre le fleuve Congo, deuxième plus grand fleuve d’Afrique après le Nil.

Déjà en 1947, dans la province de Port-Empain (d’après le nom du baron Edouard Louis Joseph Empain) l’actuelle province du Maniema, des festivités étaient organisées sur le fleuve Congo afin de rapprocher les populations de l’eau. Ces initiatives visaient notamment à initier les enfants à la nage et à démystifier cet élément, perçu non comme un danger, mais comme une ressource vitale, une source d’inspiration et une richesse pour les communautés. Autrefois ancrées dans le quotidien du Congo profond, ces pratiques semblent aujourd’hui en décalage avec les réalités actuelles.

S’exprimant à ce sujet, l’archiviste, philatéliste et numismate Justin Lukongo Selemani Nyembo estime que les Congolais ne profitent pas suffisamment de leur fleuve. D’où sa colère. Il dénonce un paradoxe frappant : derrière l’immensité et la puissance du fleuve Congo se cache une réalité plus fragile, celle d’une population qui, malgré l’abondance, vit encore dans la rareté.

Ce contraste interpelle les décideurs ainsi que les partenaires au développement. Dans un pays riche de ses nombreuses rivières, cours d’eau, affluents, lacs et nappes phréatiques, et doté d’une biodiversité remarquable, il est inadmissible que l’accès à l’eau potable demeure un problème majeur en plein XXIᵉ siècle. Un constat qui appelle à transformer ce don de la nature en véritable levier de développement et de dignité humaine.

La République démocratique du Congo est le pays le plus riche en eau d’Afrique. Elle possède environ 52 % des réserves d’eau de surface du continent africain et 23 % des ressources en eau douce renouvelable intérieure.

En 2008, les ressources internes en eau douce renouvelable étaient estimées à 19 967 m³ par personne et par an, alors que la consommation moyenne mondiale est d’environ 1 240 m³ par personne par an.

Cette valeur est largement supérieure au seuil international de suffisance en eau, fixé à 1 700 m³ par personne et par an.

Les nappes phréatiques représentent environ 47 % (421 km³ par an) des ressources hydriques renouvelables du pays. L’aquifère du bassin du Congo fait partie des 37 plus grands aquifères du monde, mais il subit aujourd’hui une pression croissante liée à l’exploitation et à la croissance démographique.

Une crise d’accès à l’eau potable

Malgré cette immense richesse en eau, la RDC fait face à une grave crise d’approvisionnement en eau potable.

En 2021, seulement 46 % de la population avait accès à une source d’eau potable améliorée, et la couverture de l’assainissement était d’environ 31 %.

Cette crise s’explique notamment par :

  • la dégradation des infrastructures hydrauliques
  • le sous-investissement dans le secteur de l’eau
  • les conflits armés qui ont détruit certaines installations
  • la croissance rapide de la population (4 % dans les villes et 2,5 % dans les zones rurales selon la Banque mondiale)

Le fleuve principal du pays

Le principal fleuve du pays est le Fleuve Congo, qui est :

  • le deuxième plus long fleuve d’Afrique après le Nil
  • le fleuve le plus profond du monde (plus de 220 mètres)
  • long d’environ 4 700 km

Il prend sa source dans la rivière Chambeshi en Zambie ( entre la Zambie et le Congo) traverse plusieurs régions d’Afrique centrale et se jette dans l’Océan Atlantique.

Avant Kisangani, le fleuve Congo est appelé Lualaba.

Ses principales villes riveraines sont :

  • Bukama
  • Kongolo
  • kindu
  • Ubundu
  • Kisangani
  • Bumba
  • Lisala
  • Mbandaka
  • Kinshasa
  • Brazzaville
  • Matadi
  • Boma
  • Moanda
  • Banana

Les grands lacs de la RDC

La RDC possède également de nombreux lacs importants, notamment :

  • Lac Tanganyika
  • Lac Kivu
  • Lac Albert
  • Lac Édouard
  • Lac Mai Ndombe
  • Pool Malebo

Les lacs du pays sont généralement classés en trois catégories :

  1. Lacs de cuvette
  2. Lacs de plateau
  3. Lacs de montagne

Les animaux autour du fleuve Congo

Le bassin du Congo Basin est l’une des régions les plus riches en biodiversité d’Afrique. On y trouve notamment :

  • crocodile du Nil
  • hippopotame
  • gorille
  • bonobo
  • chimpanzé
  • éléphant de forêt d’Afrique
  • Pangolin

Le bassin du fleuve abrite plus de 1 200 espèces de poissons, ce qui en fait l’un des systèmes d’eau douce les plus riches au monde.

Les trois cours du fleuve Congo

Le fleuve Congo se divise en trois grandes sections :

  1. Cours supérieur : des sources jusqu’à Kisangani (appelé Lualaba)
  2. Cours moyen : de Kisangani au Pool Malebo
  3. Cours inférieur : du Pool Malebo jusqu’à l’Océan Atlantique

Conclusion

La République démocratique du Congo possède l’un des plus grands systèmes hydriques du monde grâce au Fleuve Congo et à ses nombreux lacs et rivières.

Cependant, malgré cette richesse naturelle exceptionnelle, le pays doit encore relever d’importants défis pour améliorer l’accès à l’eau potable, protéger la biodiversité et moderniser les infrastructures hydrauliques.

 

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