Le Fonds des Nations pour la population UNFPA) a doté l’hôpital général de Référence d’Oicha, situé dans la province du Nord Kivu, confrontée à plusieurs défis sécuritaires, d’une ambulance médicalisée de marque Toyota Land cruiser 4×4, afin de faciliter l’évacuation des patients vers des structures spécialisées.
La remise officielle de cet engin a été présidée par le Représentant résident de l’UNFPA en République démocratique du Congo, Alain Akapdji. Cette dotation constitue une réponse concrète aux besoins croissants en matière de transport médicalisé dans une région où l’insécurité et la crise humanitaire compliquent considérablement l’accès aux soins.
Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie nationale du « zéro franc à la caisse », financée par le Fonds national de réparation des victimes (FONAREV), afin de garantir un accès équitable aux soins, en particulier pour les victimes de violences sexuelles liées aux conflits, les femmes enceintes nécessitant une prise en charge obstétricale d’urgence, les enfants et les blessés de guerre.
Un appui qui va au-delà de l’ambulance
La remise de cette ambulance s’inscrit dans une approche intégrée de renforcement du système de santé. L’Hôpital général de référence d’Oïcha accueille actuellement un Centre intégré de services multisectoriels (CISM).
Dans ce cadre, l’UNFPA et ses partenaires procèdent également à la réhabilitation de la salle d’accouchement de l’hôpital ainsi qu’à l’aménagement d’espaces destinés à la prise en charge médicale, psychosociale et juridique des survivantes et survivants de violences sexuelles et basées sur le genre, y compris les violences sexuelles liées aux conflits.
Un système de santé sous forte pression
Face à cet afflux de patients, les équipes de l’Hôpital général de référence d’Oïcha ainsi que celles des centres de santé environnants travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, marquées par une pénurie de médicaments, d’équipements médicaux et de moyens logistiques.
L’absence de transport médicalisé compliquait considérablement l’évacuation des blessés de guerre, des femmes enceintes présentant des complications obstétricales et des enfants en état critique vers des structures disposant de plateaux techniques adaptés.
Chaque jour, des vies étaient mises en danger faute d’une prise en charge rapide, notamment celles des blessés par balles nécessitant une intervention chirurgicale urgente, des survivantes de violences sexuelles et des femmes confrontées à des complications obstétricales.
Une situation humanitaire et sanitaire alarmante
La zone de santé d’Oïcha fait face à une dégradation continue de la situation humanitaire et sanitaire. L’intensification des attaques des groupes armés, notamment les ADF, sur les axes Eringeti-Kainama et Mbau-Kamango a entraîné un afflux massif de personnes déplacées vers les villes d’Oïcha et de Beni, où plus de 40 % de la population est aujourd’hui constituée de déplacés internes.
Fuyant les massacres, les exactions et les violences sexuelles liées aux conflits, des milliers de familles vivent dans des conditions de grande précarité, avec un accès limité aux services sociaux de base.
A cette crise sécuritaire s’ajoute la menace de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, due à la souche Bundibugyo, qui exerce une pression supplémentaire sur un système de santé déjà fragilisé. La région continue également d’enregistrer de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire, notamment des violences sexuelles liées aux conflits.
Un partenariat au service de la dignité des victimes
Cette intervention est financée par le FONAREV à travers le Programme conjoint des Nations Unies, réunissant le PNUD, l’UNICEF, ONU Femmes, le BCNUDH et l’UNFPA, qui en assure le leadership. Elle s’inscrit dans le cadre des Mesures provisoires d’urgence (MPU).
Au-delà de l’appui logistique, cette action traduit l’engagement des Nations Unies et du Gouvernement congolais à restaurer la dignité des victimes, protéger les populations civiles et garantir l’accès aux soins, à l’accompagnement psychosocial, à la justice et aux réparations pour les personnes touchées par les crimes graves et les atrocités commis dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.



