La population du groupement Nyakalengwa sur l’île d’Idjwi dans la province du Sud-Kivu, vit depuis deux mois un calvaire quotidien : l’eau potable a disparu des robinets et des bornes publiques, exposant des milliers d’habitants à des maladies hydriques.
Cette alerte a été lancée ce lundi 12 janvier 2026 par Hermando Zabona, président de la société civile locale, qui dénonce une mauvaise gestion du comité d’adduction d’eau.
« Les villages Kilala, Mulamba, Mazina, Karama et une partie du village Muhungwe ne reçoivent plus d’eau potable, alors que les installations fonctionnent 24 heures sur 24. La population est obligée de puiser dans le lac Kivu, s’exposant à toutes sortes de maladies. Trop c’est trop ! Nous ne voulons plus de ce comité », s’indigne Zabona.
Le président de la société civile réclame la remise en main de l’adduction au comité de développement du groupement (CDG) et une implication réelle du chef de groupement dans toutes les décisions avant tout raccordement. « La souffrance est immense, la population est au bord de la crise sanitaire », insiste-t-il.
Contacté, Cabwenemwami Mwitaba, président du comité d’adduction, reconnaît les difficultés. Selon lui, la zone a connu une surpopulation galopante en vingt ans, mais l’adduction construite en 2025 n’a jamais été renforcée pour répondre à cette croissance. De plus, la priorité donnée aux structures comme le centre hospitalier Nyakalengwa provoque des ruptures régulières aux bornes fontaines publiques, aggravant encore la pénurie pour les habitants.
Aujourd’hui, les habitants d’Idjwi vivent dans une urgence permanente : les familles parcourent des kilomètres chaque jour pour puiser de l’eau, tandis que les risques de maladies hydriques augmentent. Une situation que la société civile qualifie de « dramatique et intenable », appelant les autorités à agir avant que la crise ne devienne catastrophique.



