Un atelier de capacitation sur la sensibilité aux conflits et les mécanismes de protection de l’enfant s’est tenu du 19 au 20 mars 2026 dans le groupement de Cirunga, en territoire de Kabare, au Sud-Kivu.
L’activité a été organisée par , avec l’appui financier de , selon les informations confirmées par les organisateurs et la société civile locale.
Cette formation s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la , qui impose à l’État et aux communautés de prévenir les violences contre les mineurs, ainsi que de la , ratifiée par la RDC. Dans l’est du pays, plusieurs organisations humanitaires signalent une augmentation des violations graves des droits de l’enfant en lien avec l’insécurité.
Selon Maître Innocent Nyakura, président de la société civile sous-noyau de Cirunga et participant à la formation, l’objectif était de renforcer les capacités des membres des Réseaux communautaires de protection de l’enfant (RECOPE).
« Nous avons appris comment intégrer la sensibilité aux conflits dans nos actions et comment signaler correctement les cas de violations », a-t-il déclaré.
Au cours des travaux, les participants ont revisité le mandat des RECOPE, notamment la prévention, l’identification des cas, le référencement et l’accompagnement des enfants à risque. Les échanges ont également porté sur les six violations graves reconnues par les Nations unies dans les zones de conflit, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité, dont la résolution 1612 : meurtre, recrutement forcé, violences sexuelles, enlèvements, attaques contre écoles et hôpitaux, et refus d’accès humanitaire.
Contacté par notre rédaction, un expert en protection de l’enfant travaillant avec une organisation internationale à Bukavu explique que ces formations sont nécessaires dans les zones affectées par les groupes armés.
« Dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, les mécanismes communautaires restent la première ligne de protection. Mais ils manquent souvent de formation et de moyens », indique-t-il sous couvert d’anonymat.
À l’issue de l’atelier, un nouveau Réseau communautaire de protection de l’enfant a été mis en place à Cirunga, avec pour mission d’assurer la veille communautaire et le signalement des cas. Les organisateurs affirment que cette initiative vise à améliorer la coordination locale, alors que des acteurs de la société civile rappellent que la protection des enfants reste un défi majeur dans le territoire de Kabare, marqué par des tensions sécuritaires récurrentes.
La société civile locale encourage l’extension de ce type d’activités dans d’autres groupements. Elle estime toutefois que la formation doit s’accompagner d’un soutien institutionnel et judiciaire pour que les violations des droits de l’enfant fassent effectivement l’objet de poursuites, comme le prévoit la loi congolaise


