À Katogota, village meurtri du groupement d’Itara-Luvungi, en pleine plaine de la Ruzizi, en territoire d’Uvira dans la province du Sud-Kivu, la fin des combats n’a pas mis fin aux souffrances.
Pour les retournés de guerre, le quotidien reste une épreuve, et la maladie s’ajoute désormais au traumatisme du conflit. Ici, tomber malade est devenu un drame, tant l’accès aux soins de santé relève presque de l’impossible.
Les centres de santé, déjà fragilisés par des années d’instabilité, ont été la cible de pillages. Intrants médicaux, équipements essentiels et matériels de base ont disparu, emportés par des individus non identifiés. Ce saccage a plongé les structures sanitaires locales dans un état de quasi-paralysie, laissant les malades sans médicaments, sans soins, sans espoir immédiat.
Malgré la volonté de la communauté de relancer les activités médicales, les efforts locaux se heurtent à une réalité implacable : sans moyens, soigner devient un luxe inaccessible. Les patients, y compris les plus vulnérables, sont contraints d’entreprendre de longs et pénibles déplacements vers la cité de Kamanyola, dans le territoire voisin de Walungu, au risque d’aggraver leur état de santé, faute de prise en charge rapide.
Pour Badesirwe Raymond, président du comité de développement du centre de santé de Katogota, l’urgence est absolue. Il lance un appel pressant aux organisations humanitaires afin qu’elles interviennent pour rééquiper les structures sanitaires en intrants et matériels médicaux. Sans ce soutien, prévient-il, les centres de santé resteront des bâtiments vides, incapables de remplir leur mission vitale.
À Katogota, la guerre a peut-être cessé de gronder, mais ses séquelles continuent de tuer à petit feu. Dans le silence des salles de soins désertées, les retournés de guerre attendent plus qu’une aide : ils espèrent simplement le droit fondamental d’être soignés.


