Organisée du 29 septembre au 2 octobre 2026 par Galien Africa, en collaboration avec le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique du Sénégal, cette première mission régionale de benchmark a réuni des délégations des Ministères de la Santé du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, de Djibouti et de la Gambie, aux côtés de partenaires académiques, techniques et financiers, dont l’OMS, l’UNICEF, l’Institut Pasteur de Dakar et Gates Foundation, entre autres.

Elle s’inscrit dans la dynamique régionale initiée lors du Dîner ministériel organisé en marge du Forum Galien Afrique 2025, avec l’ambition de faire de l’apprentissage entre pairs un levier d’accélération de la vaccination et de réduction durable du nombre d’enfants zéro-dose.

Après quatre jours d’échanges, de visites de terrain, d’analyses et de travaux conjoints, la mission s’est achevée par l’adoption de mini-feuilles de route nationales et l’identification de priorités communes de coopération régionale.

Quatre jours pour comparer, observer, analyser et agir

La mission a combiné partage d’expériences nationales, visites de terrain, travaux de groupe et élaboration de feuilles de route. Les délégations ont d’abord présenté leurs difficultés, innovations et bonnes pratiques en matière de vaccination et de prise en charge des enfants zéro-dose, avant d’observer au Sénégal plusieurs dispositifs auprès de la Direction de la Prévention / Division de l’Immunisation et du district Dakar Centre.

Les visites ont permis d’examiner l’utilisation combinée d’outils de gestion des stocks, de suivi de la chaîne du froid, des équipements et de distribution des vaccins. Elles ont aussi montré l’importance de l’accompagnement humain dans la transformation numérique : après un coaching de proximité, le taux d’utilisateurs actifs du Tracker est passé de 50 % à plus de 90 %. À Dakar Centre, des interventions mobiles entre 16 heures et 20 heures ont illustré l’intérêt d’adapter l’offre vaccinale aux réalités des familles. Les échanges ont également valorisé des approches communautaires telles que la « Ronde des jeunes filles », fondée sur les pairs et la confiance pour renforcer l’adhésion à la vaccination contre le HPV.

Au-delà de l’observation, les troisième et quatrième journées ont été consacrées à l’analyse collective des conditions de passage à l’échelle et à l’adaptation des pratiques aux contextes nationaux. Les échanges ont porté sur le financement domestique et territorial, les mécanismes innovants de mobilisation des ressources, la participation active des communautés, l’accès aux populations mobiles et frontalières, ainsi que la professionnalisation, la motivation et le financement des acteurs de santé communautaire. Ces discussions ont directement alimenté les feuilles de route nationales présentées en clôture.

Des priorités communes pour transformer durablement les systèmes

Les travaux de groupe ont fait émerger quatre leviers structurants : un financement domestique plus durable et innovant, incluant collectivités territoriales, secteur privé, responsabilité sociétale des entreprises et partenariats public-privé ; une gouvernance multisectorielle associant notamment santé, éducation et collectivités ; la digitalisation, l’interopérabilité des données et le suivi nominatif des enfants ; enfin, une participation communautaire plus active, appuyée par la formation, la professionnalisation, la motivation et de meilleures conditions d’intervention des acteurs communautaires.

Au terme de la mission, les cinq délégations ont retenu 21 actions prioritaires. Deux orientations traversent l’ensemble des feuilles de route : le suivi nominatif digital des enfants et le renforcement du financement domestique. Les engagements nationaux traduisent ainsi le passage du partage d’expériences à des actions concrètes, adaptées aux réalités de chaque pays.

Table délégations Gabon, Gambie et Côte d’Ivoire

Focus Pays: Experiences partagées et engagements

Sénégal

Pays hôte de cette première mission régionale, le Sénégal a partagé son expérience en matière de digitalisation, de suivi nominatif des enfants et d’optimisation de la distribution des vaccins. La délégation entend poursuivre l’interopérabilité des plateformes et le passage à l’échelle du registre nominatif, pérenniser le modèle OPTIVAC grâce au financement domestique, diffuser le Manuel des bonnes pratiques du PEV et renforcer la cartographie des enfants zéro-dose.

Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire a notamment mis en lumière son expérience de collaboration avec les pharmacies et cliniques privées dans l’offre vaccinale. Sa feuille de route vise à renforcer le suivi nominatif intégré, développer des services différenciés adaptés aux réalités communautaires, mobiliser davantage de ressources domestiques et privées et consolider les mécanismes multisectoriels de vérification du statut vaccinal et de rattrapage.

Gabon

Le Gabon a partagé son expérience d’extension des sites communautaires de vaccination et son engagement en faveur du financement public. Les prochaines étapes portent notamment sur l’institutionnalisation progressive de la distribution « push », le monitorage quotidien de la chaîne du froid, la supervision formative et le coaching à distance, la mise en place d’un registre nominatif et le renforcement du financement domestique.

Gambie

La Gambie a apporté une expérience particulièrement intéressante dans le croisement des données géographiques et vaccinales pour mieux identifier et retrouver les enfants zéro-dose. Le pays entend renforcer son système électronique de suivi des perdus de vue, accroître le financement domestique, consolider le rôle des agents de santé communautaires et améliorer l’accès à la vaccination dans les zones mal desservies.

Djibouti

Djibouti a enrichi les échanges à travers ses approches en direction des populations nomades, mobiles et transfrontalières, notamment le « vaccino-dromadaire » et le « Bouclier sanitaire ». Le pays prévoit de consolider cette dynamique par un registre électronique avec identifiant unique, une ligne budgétaire dédiée au « dernier kilomètre », le renforcement du dispositif aux frontières et la création d’un statut de relais communautaire nomade.

Une coopération régionale fondée sur les complémentarités

La mission a également fait émerger des intérêts mutuels concrets. Le Gabon, la Côte d’Ivoire et la Gambie ont exprimé leur intérêt pour l’expérience sénégalaise en matière d’outils digitaux, tandis que le Sénégal souhaite s’inspirer de l’expérience gambienne dans la cartographie des enfants zéro-dose. Le Gabon a proposé de partager son manuel de maintenance de la chaîne du froid une fois celui-ci validé.

Pour inscrire ces engagements dans la durée, une matrice régionale commune documentera les actions, responsables et indicateurs. Une revue à trois mois évaluera leur mise en œuvre, puis une revue à six mois examinera les effets obtenus sur l’identification, l’accès aux services et la vaccination des enfants zéro-dose.

Cette dynamique entend faire du benchmark un véritable mécanisme régional d’apprentissage entre pairs et d’adaptation des solutions éprouvées.

A l’issue de ces quatre jours, une conviction commune s’est dégagée : la réussite se mesurera au nombre d’enfants supplémentaires effectivement identifiés, atteints, vaccinés et maintenus dans le parcours vaccinal.

 

 

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