Evalué à près de 1,2 milliard de dollars américains, dont environ 870 millions consacrés au secteur de la santé, le nouveau Plan de riposte contre la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo, fixe un objectif ambitieux : contrôler l’épidémie dans un délai de 180 jours, tout en renforçant durablement le système de santé.
Face à la presse ce jeudi, 10 septembre, le professeur Christian Ngandu, coordonnateur du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), l’un des organes techniques et opérationnels de l’Institut national de santé publique (INSP), a expliqué que cette nouvelle programmation tire les leçons des premiers mois de la riposte et entend apporter une réponse plus intégrée, plus décentralisée et davantage centrée sur les communautés.
Un plan de deuxième génération pour une nouvelle phase de la riposte
Le nouveau plan intervient après une première phase de réponse dont le coût était estimé à environ 242 millions de dollars. Il marque une nouvelle étape dans la gestion de MVE17, avec l’ambition de renforcer simultanément le contrôle de l’épidémie et les capacités du système de santé.
Selon Christian Ngandu, les ressources mobilisées doivent permettre de financer plusieurs axes prioritaires de la riposte, mais également de réaliser des investissements susceptibles de rester opérationnels après la fin de l’épidémie.
Le dispositif prévoit notamment le renforcement des infrastructures, des équipements et des capacités locales, afin que les investissements consentis dans le cadre d’Ebola puissent contribuer à améliorer durablement l’offre de soins et la préparation aux futures urgences sanitaires.
Les communautés placées au centre du nouveau dispositif
L’une des principales innovations de ce nouveau plan réside dans l’importance accordée aux communautés locales.
S’exprimant à cet effet, le coordonnateur du COUSP a souligné ceci: » La réponse doit désormais être davantage déployée au niveau des aires de santé et des villages, avec une implication accrue des chefs de villages, des notables, des agents de santé communautaires et des relais communautaires ».
Cette approche, precise -t-il, doit permettre de détecter plus rapidement les cas au sein des populations, d’assurer leur orientation vers les structures de prise en charge et de renforcer le suivi des contacts.
Le plan prévoit également une catégorisation des villages selon leur niveau de risque, afin d’adapter les interventions à la situation de chaque communauté.
Pour l’INSP, cette proximité est également essentielle pour restaurer et consolider la confiance entre les populations et les équipes de riposte, notamment dans les zones où la méfiance avait compliqué, au début de l’épidémie, la détection et la prise en charge des malades.
Une approche multisectorielle et « Une Santé »
Selon le coordonnateur du COUSP, le nouveau plan ne se limite pas au secteur de la santé. Il repose sur une approche multisectorielle associant notamment les affaires humanitaires, la communication, la sécurité, les transports, l’élevage, la pêche et l’environnement.
« Cette orientation s’inscrit dans le cadre de l’approche Une Santé, qui prend en compte les interactions entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement dans la prévention et la gestion des épidémies », a fait savoir le professeur Christine Ngandu, visiblement détendu.
Le plan accorde également une attention particulière aux mouvements des populations et aux corridors de déplacement, notamment les voies fluviales. L’objectif est de renforcer la surveillance aux points stratégiques et de réduire les risques de propagation du virus vers d’autres zones.
Surveillance, vaccination et prise en charge renforcées
Le nouveau dispositif prévoit parallèlement une intensification de la surveillance épidémiologique, notamment à travers la recherche active des cas et le suivi des contacts.
La prise en charge médicale des patients éligibles fait également partie des priorités, avec le recours aux anticorps monoclonaux et aux antiviraux, notamment le remdesivir.
La vaccination des personnels exposés et des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés constitue également un axe important de la réponse.
A travers ce plan de deuxième génération, l’INSP cherche ainsi à répondre à un double impératif : contrôler MVE17 dans les 180 jours et transformer les investissements de la riposte en acquis durables pour le système de santé.
La nouvelle stratégie mise donc sur une combinaison de surveillance renforcée, prise en charge médicale, vaccination, mobilisation communautaire, coordination multisectorielle et investissements dans les capacités locales.



