Dans les collines isolées d’Itombwe et de Mwenga, le spectre du choléra et de la rougeole sème la panique.
Entre pénuries de médicaments, déplacements massifs et insécurité alimentaire, les communautés se retrouvent impuissantes face à une urgence sanitaire qui prend des vies et détruit des familles.
La zone de santé d’Itombwe est en alerte maximale. Des cas de choléra ont été confirmés dans les aires de santé de Miki, Kabumbu, Kitopwe et Lubumba. Les habitants vivent dans la peur constante de la contamination. « Chaque jour, nous voyons des voisins tomber malade sans pouvoir les aider », confie une infirmière locale, la voix tremblante. Les hôpitaux débordent, et les mesures de prévention peinent à atteindre les villages reculés.
À Mwenga et Kitutu, la situation est tout aussi dramatique. La rougeole frappe quatre aires de santé avec une intensité alarmante, touchant particulièrement les enfants. « Ma petite fille a été hospitalisée hier, et je crains pour sa vie », raconte une mère, la gorge serrée par l’angoisse. Les déplacements forcés dus aux conflits et la faim aggravent l’épidémie, rendant l’accès aux soins presque impossible pour de nombreuses familles.
Les carences en produits pharmaceutiques et en matériel médical deviennent un obstacle quotidien. Les pharmacies locales sont vides, les centres de santé sous-équipés. « Nous manquons de tout, des réactifs pour diagnostiquer le choléra aux vaccins pour prévenir la rougeole », alerte un médecin de terrain. Chaque jour, le personnel soignant doit faire face à des choix déchirants entre qui recevoir en priorité et qui laisser attendre.
La société civile ne reste pas silencieuse. Lungele Itebo Samuel, président des Forces vives de Mwenga, lance un appel désespéré aux autorités et aux ONG internationales : « Nous avons besoin d’aide immédiate. Nos populations meurent dans l’indifférence. Chaque minute compte ». Son cri reflète la détresse d’une communauté entière qui se sent oubliée et abandonnée.
Les témoignages des habitants révèlent l’ampleur du drame. Un jeune homme de Kitopwe raconte : « Nous vivons avec la peur de sortir de nos maisons. La maladie se propage plus vite que nous ne pouvons réagir. » Un autre parent, de Kabumbu, ajoute : « Voir nos enfants souffrir sans médicaments nous brise le cœur. C’est un cauchemar quotidien. » Ces paroles mettent en lumière la dimension humaine et tragique de l’épidémie.
Face à cette crise, l’urgence est claire : renforcer les centres de santé, acheminer des médicaments et vaccins, et sensibiliser les communautés sur les mesures d’hygiène et de prévention. La coordination entre autorités locales, ONG et partenaires internationaux pourrait être la clé pour sauver des vies. Mais le temps presse, et chaque retard peut coûter des vies supplémentaires. « Nous ne pouvons plus attendre, chaque instant perdu est une vie de trop », conclut Lungele Itebo Samuel avec gravité.


