Depuis le mois de novembre 2025, les habitants de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, éprouvent d’énormes difficultés à accéder aux services de télécommunications.
Les réseaux Airtel, Vodacom et Orange, principaux opérateurs de la ville, offrent une connexion instable, voire inexistante, plongeant les internautes dans une situation de plus en plus préoccupante.
Les forfaits internet expirent sans être réellement utilisés, provoquant des tensions entre abonnés et revendeurs, pourtant innocents dans cette affaire. Pour communiquer efficacement, envoyer des rapports professionnels ou participer à des réunions en ligne, de nombreux utilisateurs sont contraints de recourir à des connexions Wi-Fi privées, notamment Starlink, dont le coût élevé déstabilise l’économie déjà fragile des internautes.
La situation devient encore plus pénible la nuit
Certains utilisateurs sont obligés de mettre leurs téléphones en mode avion, de redémarrer leurs appareils à plusieurs reprises, ou même de veiller toute la nuit pour espérer capter une connexion suffisante afin de transmettre des rapports à leurs hiérarchies. Les réunions en ligne sont quasi impossibles sans une connexion Starlink, devenue une alternative coûteuse mais indispensable.
Cette crise de connectivité affecte également les services de base. Les appels téléphoniques, les transactions financières et d’autres opérations courantes rencontrent de sérieuses perturbations, décourageant davantage les abonnés.
« Nous achetons nos forfaits, mais malheureusement nous ne les utilisons pas. Le réseau pose problème. Recharger un forfait de 24h, 48h ou 72h devient inutile, car la connexion n’est pas bonne. Nous perdons nos petits capitaux sans aucun retour. Avec WhatsApp et les cabines cellulaires, nous survivons autrement. Lorsqu’il n’y a pas de clients, nous courons des risques avec nos produits. Sans clients, nous constatons notre chute », témoigne Cédric Bameya, revendeur de crédits de communication à Kisangani.
Dans les sept territoires que compte la province de la Tshopo, la situation est encore plus alarmante. La connexion repose essentiellement sur quelques antennes Wi-Fi et des installations Starlink appartenant à des hommes politiques ou à des opérateurs commerciaux. Certaines familles sont contraintes de payer des sommes importantes pour se connecter et échanger avec leurs proches vivant dans d’autres villes de la RDC ou à l’étranger.
Face à cette réalité, les abonnés et internautes de Kisangani lancent un appel pressant aux autorités de tutelle et aux responsables des services de télécommunications afin qu’une solution durable soit trouvée. Une amélioration de la qualité du réseau permettrait aux usagers de communiquer normalement et de préserver leurs activités économiques.
À ce rythme, cette crise représente un manque à gagner considérable pour les abonnés, les revendeurs et l’ensemble de l’économie numérique locale.
Augustin Tsheza


