L’éducation traverse une crise profonde au Sud-Kivu. Près de 1 900 établissements scolaires ne fonctionnent plus à travers la province, compromettant gravement l’avenir de milliers d’enfants.
Ce constat alarmant ressort d’un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), couvrant la période du 1er au 31 décembre 2025, et dressant un tableau sombre de la situation humanitaire dans la région.
Selon ce document, les violences et l’insécurité persistantes ont eu un impact direct sur le secteur éducatif. En l’espace d’un mois, 123 écoles ont été détruites, privant des communautés entières de leurs principaux lieux d’apprentissage. À ce lourd bilan matériel s’ajoute une tragédie humaine : quatre enfants ont perdu la vie dans ce contexte de violences, rappelant le prix exorbitant payé par les plus vulnérables.
La conséquence la plus immédiate de cette situation est la privation du droit à l’éducation pour plus de 1 552 enfants, désormais contraints d’abandonner l’école. Pour beaucoup, la fermeture des établissements signifie l’exposition accrue aux risques de travail précoce, de déplacements forcés ou de recrutement par des groupes armés, dans une province déjà fragilisée par des crises multiples.
Le rapport de l’OCHA souligne que l’école, au-delà de son rôle pédagogique, constitue un espace de protection, de stabilité et d’espoir pour les enfants. Sa destruction ou sa fermeture accentue les fractures sociales et compromet durablement les perspectives de relèvement des communautés affectées.
Face à cette urgence, les acteurs humanitaires appellent à une mobilisation renforcée pour protéger les infrastructures scolaires, soutenir la réouverture des écoles et garantir un accès sûr et continu à l’éducation. Au Sud-Kivu, l’avenir de toute une génération se joue aujourd’hui dans la capacité collective à sauver l’école, dernier rempart contre l’effondrement social.


