Depuis quatre jours, la ville minière de Kamituga dans le territoire de Mwenga au Sud Kivu, vit au rythme d’une coupure d’électricité qui paralyse presque toute son activité.
La panne, attribuée à un dysfonctionnement majeur de la centrale hydroélectrique de Kilukwe Mungombe, a laissé les habitants dans l’incertitude et fragilise particulièrement les structures sanitaires de la région.
Dans les hôpitaux et centres de santé, la situation est critique. Les générateurs, rares et insuffisants, peinent à alimenter les équipements vitaux tels que les incubateurs, les respirateurs et les blocs opératoires. « Nous avons dû reporter certaines interventions chirurgicales urgentes faute de courant », confie un médecin de l’hôpital général de Kamituga, la voix chargée de fatigue et d’inquiétude. Les patients atteints de maladies chroniques, nécessitant des traitements constants, se retrouvent également en danger.
Les laboratoires, qui dépendent de l’électricité pour conserver les échantillons et réaliser les analyses, voient leur capacité fortement réduite. Selon les infirmiers et techniciens locaux, certaines pharmacies ont même commencé à rationner les médicaments nécessitant une conservation au froid, une décision qui pourrait avoir des conséquences graves sur la santé publique.
La coupure n’épargne pas les cliniques privées, souvent mieux équipées mais aussi dépendantes de l’énergie pour leurs services de dialyse, radiographie et soins intensifs. Les familles, désorientées et parfois forcées de se tourner vers des centres plus éloignés, expriment leur colère et leur désarroi : « Nos malades sont coincés ici. Chaque heure sans électricité, c’est un risque de plus pour eux », confie une habitante.
Au-delà du secteur de la santé, les activités économiques, notamment sur les sites d’extraction minière, sont également paralysées. Le manque de courant ralentit la production et met en péril le revenu de milliers de familles. Les habitants craignent que la prolongation de la panne n’aggrave encore la situation déjà fragile de la ville.
Les autorités locales et la société gestionnaire de la centrale hydroélectrique ont promis une remise en service rapide, mais aucune date précise n’est communiquée pour l’instant. En attendant, Kamituga reste plongée dans le noir, avec ses hôpitaux en première ligne d’une crise silencieuse mais imminente.


