La hausse vertigineuse des prix des denrées alimentaires plonge les ménages de Kisangani dans une inquiétude croissante.
Dans les petits marchés comme au marché central, les Boyomaises et Boyomais peinent de plus en plus à remplir leurs paniers.
Le constat est alarmant. Le gobelet de riz blanc de première qualité se négocie entre 1 700 et 1 800 FC, tandis que le riz d’Opala varie entre 1 350 et 1 500 FC. Le fufu de manioc coûte entre 300 et 500 FC le gobelet dans les marchés de proximité, contre 500 FC au marché central. Le maïs oscille entre 700 et 1 000 FC, alors qu’il se vend à 1 000 FC au grand marché.
« Nous sommes étonnés. Presque chaque semaine, les prix changent. Nos paniers ménagers sont totalement perturbés. La santé de nos enfants est affectée à cause du changement alimentaire. Nous avons réduit le nombre de gobelets de riz et de fufu, car les moyens financiers ne suivent plus. Nous ne comprenons pas la cause de cette flambée », témoigne Mme Christine Etokwala, mère de famille.
La situation touche également d’autres produits de base : la bouteille d’huile de palme se vend entre 1 400 et 1 500 FC, le niébé entre 900 et 1 000 FC le gobelet, les haricots entre 1 700 et 1 800 FC, et la botte de feuilles de manioc à 1 000 FC.
Dans plusieurs marchés communaux ; notamment au 11ᵉ et 15ᵉ Tshopo, à Cabine et Aspiro dans la commune de Makiso, ainsi qu’à Balese et à Limanga ya Nse dans la commune de Mangobo, les écarts de prix alimentent la frustration des consommateurs.
Habitués à une alimentation essentiellement locale et biologique, les habitants tentent malgré tout d’équilibrer leurs repas pour préserver leur santé.
Mais la baisse du pouvoir d’achat complique davantage la situation.
De leur côté, les agriculteurs et fournisseurs des produits vivriers pointent du doigt le mauvais état des routes de desserte agricole. Ils appellent les autorités politico-administratives à réhabiliter ces axes afin de faciliter l’évacuation des produits stockés dans les villages.
Actuellement, le transport par des embarcations de fortune expose les producteurs à de nombreux risques et contribue à la hausse des prix sur les marchés urbains.
Face à cette situation préoccupante, la population espère des mesures rapides et concrètes des autorités compétentes pour stabiliser les prix et soulager les ménages de Kisangani.
Augustin Tsheza


