Une étape décisive vient d’être franchie dans la province de la Tshopo avec la clôture officielle du processus de médiation entre la société Plantations et Huileries du Congo (PHC) et les communautés locales de Lokutu et Boteka.
La cérémonie, tenue le lundi 16 mars 2026, a marqué non seulement la fin d’un long différend, mais aussi la mise en place d’un Comité de Suivi des Accords (CSA), destiné à garantir la mise en œuvre effective des engagements pris.
Dans une ambiance conviviale et empreinte d’espoir, les représentants communautaires, les organisations de la société civile et les parties prenantes ont célébré ce qu’ils qualifient de « mariage solide » pour une prospérité partagée.
Cette rencontre visait principalement à restituer les résolutions issues des assises de Kinshasa et à officialiser la fin du processus de médiation engagé depuis 2018.
Un processus né d’un conflit foncier et social
À l’origine de cette médiation, une plainte déposée en novembre 2018 par 263 membres des communautés locales, avec l’appui du Réseau d’Information et d’Appui aux ONG (RIAO), auprès de mécanismes internationaux de plaintes. Les préoccupations portaient sur la légitimité des titres fonciers de PHC, des violations présumées des droits humains ainsi que le manque d’accès à l’information et à l’assistance judiciaire.
Ce différend a conduit à un processus de médiation impliquant plusieurs parties, culminant lors des assises organisées à Kinshasa le 19 février 2026, où des résolutions importantes ont été adoptées.
Un comité local pour garantir les engagements
L’une des principales avancées de ce processus est la mise en place du Comité de Suivi des Accords (CSA), composé de sept organisations locales de la société civile, sélectionnées par les communautés elles-mêmes pour leur crédibilité et leur ancrage local. Parmi ces organisations figurent notamment :
le Réseau d’Information et d’Appui aux ONG (président du comité),le Centre d’Animation pour le Développement Intégral et l’Autopromotion (vice-président),Amis de la Nature pour la Paix Sociale (rapporteur) et Mwando Unis pour le Développement (trésorier).
Ce comité aura pour mission d’assurer le suivi des accords issus de la médiation, de servir d’interface entre les communautés, PHC et les partenaires, ainsi que de produire des rapports réguliers afin de garantir transparence et redevabilité.
Une adoption consensuelle par les communautés
Les représentants des sept groupements de Lokutu, issus des territoires de Basoko, Isangi et Yahuma, ont unanimement adopté les résolutions présentées.
Ils ont ainsi reconnu les avancées obtenues grâce au dialogue et validé la mise en place du CSA comme mécanisme local de suivi.
Les discussions ont porté sur les conclusions des assises de Kinshasa, les résultats du processus de médiation, ainsi que sur les modalités pratiques de mise en œuvre des engagements.
Une avancée majeure pour la gouvernance locale
La clôture de cette médiation marque une étape clé dans la résolution du conflit. Elle consacre notamment : la fin d’un processus engagé depuis plus de sept ans, le transfert de la responsabilité de suivi aux organisations locales, le renforcement de la gouvernance communautaire, et la création d’un cadre structuré de dialogue entre les parties.
Des défis à relever pour pérenniser les acquis
Malgré ces avancées, plusieurs recommandations ont été formulées pour garantir l’efficacité du CSA.
Il s’agit notamment de renforcer les capacités techniques et financières du comité, d’instaurer un mécanisme de rapportage régulier et d’assurer l’implication continue des communautés locales.
Lors de la cérémonie, Maître Alain Ponde PCA Manager de l’ONG Amis de la Nature pour la Paix Sociale ANPS, a salué l’engagement de toutes les parties, notamment les responsables de PHC, les organisations de la société civile et les communautés locales, le Réseau d’Information et d’Appui aux ONGs porteuse de la plainte des communautés pour sa lutte qui a abouti à une cérémonie riche en couleur et à un mariage solide , les autorités provinciales pour leur implication dans le processus de la méditation, les communautés locales de 7 groupements issue de l’AREA-PHC Lokutu pour leur sens élevé et le souci du développement de leurs entités respectives pour la réussite de ce processus.
Avec cette nouvelle dynamique, les acteurs locaux espèrent désormais tourner la page des tensions passées et bâtir un avenir fondé sur la coopération, la transparence et le développement partagé.
Augustin Tsheza


