La question de la pollution dans le bassin du lac Kivu revient au centre des préoccupations environnementales au Sud-Kivu.
À l’occasion d’un atelier participatif de co-création d’une campagne de sensibilisation sur la gestion durable des déchets, organisé dans le cadre d’un projet d’économie circulaire, des acteurs publics, organisations de la société civile et partenaires humanitaires ont échangé du 24 au 25 mars 2026, sur les solutions possibles face à une dégradation jugée préoccupante de l’environnement lacustre.
Organisée à Bukavu par la Croix-Rouge RDC/ Sud-Kivu en partenariat avec la Croix-Rouge Française et la Croix-Rouge Espagnole, cette initiative vise à élaborer une campagne inclusive destinée à réduire la pollution liée aux déchets ménagers et plastiques dans les zones riveraines.
Selon les informations contenues dans le document d’invitation consulté, l’activité s’inscrit dans un projet portant sur le « développement d’initiatives inclusives d’économie circulaire soutenues par des acteurs sociaux, publics et privés engagés dans la réduction de la pollution dans le bassin du lac Kivu à travers des pratiques économiques durables ». Des responsables impliqués dans la mise en œuvre du projet expliquent que l’approche participative a été privilégiée afin d’associer les organisations locales, les autorités administratives et les médias à la conception d’une campagne de sensibilisation adaptée aux réalités du terrain. Cette méthode, selon eux, permettrait d’éviter des actions isolées souvent critiquées pour leur manque d’impact durable.
La pollution du lac Kivu est régulièrement signalée par des habitants des villes riveraines, notamment à Bukavu, où des déchets plastiques, des eaux usées et des immondices sont visibles sur certaines rives. Des agents des services techniques provinciaux affirment que l’absence d’un système efficace de gestion des déchets dans plusieurs quartiers contribue à la dégradation de l’environnement. Des études menées par des institutions académiques locales ont déjà évoqué les risques sanitaires liés à la contamination de l’eau, notamment pour les populations utilisant le lac pour des activités domestiques ou économiques.
Des experts en environnement interrogés soulignent que la notion d’économie circulaire, mise en avant dans le projet, consiste à réduire la production des déchets en favorisant la réutilisation, le recyclage et la valorisation des matières. Toutefois, certains estiment que la réussite de ce type d’initiative dépend largement de l’implication réelle des autorités locales et du respect de la réglementation en matière d’assainissement. En République démocratique du Congo, la loi relative à la protection de l’environnement impose aux collectivités et aux citoyens de prévenir la pollution et de gérer les déchets de manière à éviter les risques pour la santé publique, mais son application reste jugée inégale selon plusieurs observateurs.
Du côté de la société civile, des participants à l’atelier affirment que les campagnes de sensibilisation précédentes ont souvent manqué de suivi et de moyens, ce qui limite leur efficacité. Certains acteurs recommandent que la nouvelle campagne annoncée soit accompagnée d’actions concrètes, telles que l’installation de points de collecte, le contrôle des décharges sauvages et la responsabilisation des ménages. Ils insistent également sur le rôle des médias dans la diffusion d’informations vérifiées afin d’éviter la désinformation sur les questions environnementales.
Si les organisateurs présentent la campagne en préparation comme une opportunité de renforcer la lutte contre la pollution dans le bassin du lac Kivu, plusieurs observateurs appellent à la prudence et rappellent que l’impact réel ne pourra être évalué qu’à travers des résultats mesurables sur le terrain. La réduction des déchets, la participation des communautés et le respect des normes environnementales sont cités parmi les indicateurs qui permettront de juger de l’efficacité de cette initiative annoncée comme inclusive et durable.


