Dans les moyens plateaux de Fizi, la crise sanitaire atteint un seuil critique. Le mouvement Machozi ya Raïya appelle à une mobilisation urgente pour éviter l’effondrement total des soins à Tùbùké.
L’alerte est lancée, et elle est sans détour. Le mouvement citoyen Machozi ya Raïya (MCMR) décrit une situation « alarmante » dans les moyens plateaux de Tùbùké. Au cœur de cette crise, le poste de santé de Tùbùké 1, aujourd’hui incapable d’assurer sa mission. « Nous assistons à une lente agonie du système de soins », déclare un membre du mouvement.
Dans cette zone reculée du groupement de Balala-Nord, l’accès aux médicaments est devenu un luxe. Les habitants, dépendants de cette seule structure, se retrouvent livrés à eux-mêmes. « On nous demande de patienter, mais avec quoi se soigner ? », questionne un jeune du village d’Akùkù, désabusé face à l’inaction.
La montée des cas de paludisme aggrave encore la situation. Les patients affluent, mais les réponses manquent. Dans les salles de consultation, l’impuissance est palpable. « Nous voyons les malades, mais nous n’avons rien à leur donner », confie un agent de santé, la voix lourde.
Le drame s’étend au-delà des murs du centre. Les routes deviennent des couloirs de détresse. Entre Tùbùké et les structures sanitaires les plus proches, des kilomètres séparent les malades d’un éventuel secours. « C’est une course contre la mort », souffle un habitant. Certains succombent avant même d’arriver.
Face à ce tableau sombre, le MCMR appelle à une réaction immédiate. « Il faut agir maintenant, sinon le pire est inévitable », insiste le mouvement. Dans cette région du Sud-Kivu, l’urgence sanitaire se transforme en crise humanitaire. Et derrière chaque chiffre, ce sont des vies suspendues à une réponse qui tarde encore.


