Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies renforce son dispositif d’intervention dans l’est de la République démocratique du Congo afin de soutenir les populations touchées par la recrudescence de l’épidémie d’Ebola.
En plus de l’assistance alimentaire, l’agence onusienne intensifie son appui logistique, ses services de télécommunications et de transport aérien pour accompagner les efforts de riposte sanitaire dans une région déjà fragilisée par les conflits armés, les déplacements de populations et une insécurité alimentaire persistante.
Cette nouvelle flambée d’Ebola intervient dans l’un des contextes humanitaires les plus complexes au monde. Selon le PAM, l’aggravation de la faim, de l’insécurité et des déplacements de populations pourrait compromettre l’adhésion des communautés aux mesures de santé publique et favoriser la propagation du virus si une réponse rapide et coordonnée n’est pas assurée.
L’épidémie touche désormais 34 zones de santé réparties entre les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Parmi ces zones, 30 sont confrontées à une insécurité alimentaire de crise ou plus sévère (IPC Phase 3 et plus), dont sept connaissent une situation d’urgence alimentaire (IPC Phase 4). Au total, plus de 10 millions de personnes dans l’est de la RDC souffrent d’insécurité alimentaire, réduisant considérablement leur capacité à faire face à cette nouvelle crise sanitaire.
Face à cette situation, le PAM apporte une assistance à plus de 1,2 million de personnes à travers des distributions alimentaires, un soutien nutritionnel ainsi que des services logistiques essentiels à la riposte contre Ebola.
Depuis le 28 mai, plus de 36 000 repas chauds ont été servis à plus de 1 600 patients, accompagnants et personnes contacts dans 14 centres de traitement et d’isolement. Par ailleurs, plus de 2 600 personnes au Nord-Kivu et en Ituri ont reçu des rations alimentaires à emporter, tandis que 14 000 habitants de dix villages placés en quarantaine au Sud-Kivu bénéficient d’une assistance alimentaire mensuelle.
Le PAM poursuit également des activités nutritionnelles dans sept zones de santé affectées, même si les insuffisances en matière de dépistage nutritionnel et de triage limitent encore la mise en œuvre d’interventions ciblées.
Sur le plan logistique, l’organisation joue un rôle déterminant dans l’acheminement des équipes humanitaires et du matériel médical. Le Service aérien humanitaire des Nations Unies (UNHAS), géré par le PAM, a déjà effectué 268 vols, transporté plus de 1 750 intervenants humanitaires et acheminé 36 tonnes de fret vers les zones les plus touchées. Des liaisons aériennes quotidiennes relient Kinshasa à Bunia, Beni et plusieurs autres localités prioritaires.
Les avions affrétés par le PAM ont également transporté près de 154 tonnes de fournitures médicales, d’équipements de protection individuelle, de matériel de laboratoire et d’autres cargaisons vitales. Un hélicoptère facilite l’accès aux foyers épidémiques de Mongbwalu et Nyakunde, tandis qu’un avion Hercules C-130 assure l’acheminement de marchandises depuis l’Ouganda vers Bunia, avec plus de 150 tonnes de fournitures déjà livrées. Trois unités d’isolement Epishuttle ont en outre été prépositionnées à Bunia afin de permettre l’évacuation sécurisée des cas confirmés.
Le PAM et ses partenaires étendent désormais leurs opérations vers de nouvelles zones affectées, notamment Butembo, Bambu, Kilo, Nizi, Tchomia et Kasenyi, où les populations sont confrontées simultanément à l’insécurité alimentaire aiguë et aux déplacements forcés.
Malgré ces efforts, les défis restent considérables. L’insécurité persistante et les difficultés d’accès aux zones situées à proximité des lignes de front compliquent les opérations humanitaires, alors que les mouvements de populations augmentent le risque de propagation du virus.
Pour maintenir ses opérations au cours des six prochains mois, le PAM estime avoir besoin de 72 millions de dollars américains afin de poursuivre l’assistance alimentaire, les vols humanitaires de l’UNHAS et son soutien logistique à la riposte contre Ebola. A l’échelle nationale, les besoins de financement de l’agence s’élèvent à 286 millions de dollars pour assurer la continuité de ses opérations humanitaires en RDC.
L’organisation se dit particulièrement préoccupée par le sort des populations les plus vulnérables vivant dans les zones difficiles d’accès, où la faim et la malnutrition pourraient encore s’aggraver à l’approche de la période de soudure.

L’INSP insiste sur le respect des mesures barrières
L’INSP appelle la population Iturienne en particulier et celle des provinces environnantes mais aussi celle dont les villes sont touchées récemment au respect strict des mesures barrières pour limiter la propagation de la maladie à virus #Ebola :
Lavez-vous régulièrement les mains à l’eau propre et au savon ou utilisez une solution hydroalcoolique ;
Évitez tout contact avec une personne présentant des signes suspects de MVE ;
En cas de symptômes tels que fièvre, maux de tête, vomissements, diarrhée, saignements ou douleurs musculaires, rendez-vous immédiatement dans le centre de santé le plus proche ou composez le *151#.
La vigilance et la prévention sauvent des vies.


