A Kalehe, Walungu, mais aussi dans certaines zones d’Uvira et de Fizi dans la province du Sud Kivu, les affrontements et les déplacements de populations fragilisent davantage un secteur éducatif déjà confronté à de nombreuses difficultés. Cette situation fait planer le doute sur une reprise effective des cours.
Pour les acteurs de la société civile, le respect du cessez-le-feu apparaît comme une condition essentielle pour permettre aux enfants de retrouver leurs salles de classe dans un environnement sécurisé.
La rentrée scolaire 2026-2027 intervient dans un contexte particulièrement préoccupant au Sud-Kivu. Alors que des milliers d’élèves devraient reprendre le chemin de l’école ce mardi 1er septembre, la reprise des affrontements dans plusieurs zones risque de perturber les activités scolaires dans les territoires affectés.
A Kalehe et Walungu, des familles continuent de fuir les zones de combats à la recherche d’endroits plus sûrs. Ces déplacements touchent directement les enfants en âge scolaire, contraints pour certains d’abandonner temporairement leurs établissements et de rejoindre des familles d’accueil ou des sites de déplacement.
Dans le territoire de Walungu, la situation est notamment préoccupante dans les localités de Luntukulu et Maziba, dans le groupement de Mulamba. Selon les informations rapportées par la société civile locale, plus de 7 734 ménages déplacés vivent actuellement dans des conditions précaires, certains ayant trouvé refuge dans des écoles, des églises ou des maisons d’accueil.
Cette présence de familles déplacées dans les établissements scolaires constitue un autre obstacle à la reprise des cours. Des salles de classe qui devraient accueillir les élèves sont parfois utilisées comme lieux d’hébergement. Une situation qui risque de réduire les capacités d’accueil des écoles et de compromettre le calendrier scolaire.
Pour Lomingo Mese, président de la société civile de Luntukulu, la réponse ne devrait pas se limiter à l’assistance humanitaire. Il appelle également les parties au conflit à respecter le cessez-le-feu afin de permettre aux familles déplacées de regagner progressivement leurs milieux d’origine.
Au-delà de Walungu et Kalehe, les inquiétudes concernent également certaines zones des moyens et hauts plateaux des territoires d’Uvira et de Fizi. Dans ces espaces marqués par l’instabilité, les déplacements et l’insécurité peuvent rendre difficiles les déplacements des élèves et des enseignants, avec le risque de voir certaines écoles fonctionner au ralenti, voire rester fermées.
Pour les défenseurs des droits humains, l’éducation des enfants doit rester une priorité, même en période de crise. Ils estiment que chaque nouvel affrontement expose les enfants à une interruption supplémentaire de leur scolarité, alors que beaucoup ont déjà connu des déplacements, des changements d’écoles et des périodes prolongées sans enseignement.
La situation pose également la question de la sécurité sur les routes et les chemins empruntés quotidiennement par les élèves. Dans les zones où les affrontements sont signalés, les parents peuvent hésiter à envoyer leurs enfants à l’école par crainte pour leur sécurité. Cette inquiétude pourrait particulièrement affecter les enfants vivant dans les zones rurales et isolées.
Face à ces défis, la société civile appelle à des mesures urgentes pour sécuriser les établissements scolaires, libérer les écoles occupées par les déplacés et garantir aux enseignants et aux élèves des conditions minimales pour reprendre les cours.
Sur le plan politique et sécuritaire, certains acteurs estiment que la recherche d’une paix durable doit passer par un dialogue inclusif. Pierre, cité dans ce dossier, considère que ce dialogue devrait tenir compte de la réalité du terrain et associer les différentes composantes impliquées dans la crise, y compris les forces armées.
La rentrée scolaire ne constitue donc pas seulement un rendez-vous administratif. Dans les zones touchées par les violences, elle représente aussi un test pour la capacité des autorités et des acteurs sécuritaires à protéger les enfants et à préserver leur droit à l’éducation.
Au Sud-Kivu, les parents espèrent désormais que les armes se tairont suffisamment longtemps pour permettre aux élèves de retrouver leurs classes. Pour des milliers d’enfants déplacés ou vivant dans les zones affectées par les combats, reprendre l’école dans la sécurité serait déjà un premier pas vers un retour à une vie normale


