La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) poursuit ses consultations avec les différentes composantes de la société civile. Pour ce jeudi, 24 septembre 2026, le tour était à la composante des Personnes vivant avec le VIH (PvVIH) de formuler leurs recommandations en marge de la conférence nationale sur les droits humains.
L’objectif de ces consultations est de recueillir les préoccupations, recommandations et attentes des différentes communautés afin de renforcer le dialogue avec la Commission et de dégager des pistes d’actions communes.
En présence du Président, Paul Nsapu Mukulu, la Vice-président de la CNDH a fait savoir que ces consultations ont commencé avec les différentes composantes qui ont désigné ou envoyé leurs représentants au sein de la Commission.
« Cette rencontre a été faite dans le cadre des consultations lancées par la Commission nationale des droits de l’homme pour redynamiser avec la société civile nos entretiens et notre collaboration (…) Nous avons reçu leurs desiderata et leurs recommandations », a précisé Joëlle Mbamba Kona, annonçant une restitution de l’ensemble du processus de consultation lors d’une activité prévue à l’hôtel Rotana.
Pour la CNDH, cette démarche doit permettre de rapprocher davantage l’institution des communautés qu’elle représente et de mieux prendre en compte leurs préoccupations.
L’UCOP place le droit à la santé au centre de ses revendications
S’exprimant à cet effet, le secrétaire exécutif national de l’Union congolaise des organisations des personnes vivant avec le VIH en Rdc (UCOP), a indiqué que son organisation a profité de cette consultation avec la CNDH pour mettre en avant une préoccupation majeure : le droit à la santé.
« Nous étions ce jour en consultation avec la Commission nationale des droits de l’homme pour exprimer notre préoccupation sur le droit à la santé. Si nous devons réclamer un seul droit, c’est celui-là, parce que ça nous préoccupe tellement », a déclaré Monsieur Ange Mavula.
Selon lui, la forte dépendance des programmes de lutte contre le paludisme, la tuberculose et le VIH aux financements extérieurs constitue une préoccupation pour la pérennité de la réponse nationale.
« La lutte contre le paludisme, la tuberculose et le VIH dans notre pays est appuyée à plus de 90 % par les partenaires extérieurs », a-t-il affirmé, appelant l’Etat congolais à renforcer progressivement son propre financement.

Vers une plus grande responsabilité de l’État
Pour l’UCOP, l’Etat devrait davantage prendre en charge l’achat des médicaments et le financement des programmes consacrés au paludisme, au VIH et à la tuberculose.
« Notre plus grande réclamation ou recommandation est que le gouvernement de la République puisse prendre en charge tout ce qui est achat de médicaments ou la prise en charge totale pour le paludisme, le VIH et la tuberculose, au lieu de compter sur les partenaires extérieurs », a insisté le Secrétaire exécutif national.
Cette revendication est également liée à la crainte d’éventuelles ruptures d’approvisionnement si les financements extérieurs venaient à diminuer.
« Nous pensons que, pour un Etat souverain, laisser la santé de sa population aux partenaires extérieurs n’est pas normal », a-t-il poursuivi.
La collaboration avec la société civile appelée à se renforcer
A l’issue des consultations, la CNDH annonce une collaboration plus régulière avec les différentes composantes de la société civile.
« Vous pouvez vous attendre à des réunions régulières, à une meilleure collaboration, à des activités ciblées et spécifiques selon la feuille de route que nous allons définir dans l’ensemble à l’issue de ces concertations », a indiqué la Vice-présidente de la CNDH.
Cette dynamique devrait permettre, selon elle, de mieux intégrer les préoccupations exprimées à la base dans les actions de la Commission.
Au-delà des échanges institutionnels, ces consultations mettent ainsi en lumière une préoccupation commune : la nécessité de faire du droit à la santé une réalité accessible à toutes les communautés, particulièrement aux personnes et groupes confrontés aux vulnérabilités liées au VIH, au paludisme et à la tuberculose.
Paulette Lokonya Sefu honore les personnes vivant avec le VIH à l’issue des consultations de la CNDH

A l’issue d’une série de consultations organisées en prélude à la conférence nationale des droits humains, plusieurs personnes vivant avec le VIH ont été honorées par un geste de solidarité de Paulette Lokonya Sefu, ambassadrice des personnes vivant avec le VIH/SIDA en République démocratique du Congo (RDC).
Surnommée affectueusement la « maman des vulnérables » et réputée proche de sa base, Paulette Lokonya Sefu s’est illustrée lors de cette journée qui a marqué la clôture de cette série de consultations, organisée à la veille de la conférence nationale des droits humains.
Avant cette grande rencontre, qui doit réunir différentes composantes de la société civile, des personnes vivant avec le VIH ont reçu des pagnes des mains de la rapporteur adjointe et Questeur de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).
Femmes et hommes ont été honorés par ce geste de solidarité, présenté comme une marque de soutien à leur combat pour la dignité, les droits et la lutte contre les vulnérabilités liées au VIH.
Soulignons que son engagement est également porté par la structure « Jeunes éclairés contre le Sida (JECS)« , implantée à travers le pays.
A travers cette plateforme, sa fondatrice et coordinatrice nationale, Paulette Lokonya Sefu, offre aux personnes vivant avec le VIH un cadre d’échanges, de participation et de mobilisation.


