Adoptée le 29 octobre 2026, à l’issue du 3ᵉ Symposium national sur la localisation de l’action humanitaire, la Déclaration commune de Kinshasa trace une nouvelle feuille de route pour transformer le système humanitaire congolais. Parmi les engagements majeurs figure l’objectif de consacrer 50 % des financements aux acteurs locaux et nationaux, dont 25 % en financement direct.
Réunis à Kinshasa du 27 au 29 octobre 2026, dans le cadre du 3ᵉ Symposium national consacré à cette problématique, le Gouvernement congolais, les agences des Nations unies, les organisations non gouvernementales internationales, nationales et locales ainsi que les partenaires financiers ont adopté, le 29 octobre, la Déclaration commune de Kinshasa.
Placée sous le thème « Transformer le système humanitaire à partir des évidences locales », cette déclaration traduit une volonté commune de rééquilibrer les rapports entre les différents acteurs humanitaires et de renforcer la place des organisations congolaises dans la réponse aux crises.
L’ambition affichée est de faire évoluer, à l’horizon 2030, un système dans lequel les acteurs locaux et nationaux disposeront de davantage de responsabilités, de ressources et de pouvoir décisionnel.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des deux précédents symposiums organisés à Bukavu en 2023 et à Kinshasa en 2025. Elle marque une nouvelle étape dans la volonté de faire de la localisation une réalité concrète de l’action humanitaire en RDC.
Quatre piliers pour concrétiser la localisation
Au cœur de la Déclaration commune de Kinshasa figure une feuille de route 2026-2030 articulée autour de quatre piliers fondamentaux.
Selon Madame Sandrine Lusamba, Coordinatrice nationale de l’Ong SOFEPADI, le premier pilier porte sur la construction de partenariats équitables entre les organisations internationales et les structures nationales et locales. Il prévoit notamment une participation effective de ces dernières à la conception des projets, aux mécanismes de décision, à la transparence budgétaire et au partage des risques.
Le deuxième pilier concerne le renforcement des compétences et des capacités des organisations congolaises. La déclaration privilégie l’apprentissage réciproque, l’accompagnement adapté et le mentorat.

50 % des financements attendus pour les acteurs locaux
La question du financement constitue l’un des engagements les plus significatifs de la Déclaration de Kinshasa. Les signataires affichent un objectif volontaire de 50 % des financements destinés aux acteurs humanitaires locaux et nationaux, directement ou par l’intermédiaire d’un seul partenaire. Sur cette proportion, 25 % devraient être transférés directement aux organisations concernées.
La déclaration insiste également sur la prise en compte des coûts réels de fonctionnement de ces structures, afin de leur permettre de consolider leur autonomie institutionnelle et leurs capacités d’intervention.
Le troisième pilier porte sur la promotion de financements directs et de qualité, tandis que le quatrième vise à renforcer la participation des acteurs congolais aux mécanismes de coordination humanitaire, notamment à travers leur implication dans la co-coordination des clusters.
Cette dynamique entend également garantir une meilleure représentation des femmes, des jeunes, des personnes handicapées et des communautés affectées dans les espaces de concertation et de décision.
Des engagements réciproques et une responsabilité partagée
Au-delà de ces quatre piliers, la Déclaration commune prévoit des engagements réciproques destinés à améliorer l’efficacité et la responsabilité des interventions humanitaires.
Organisé par le Conseil national des Fora des ONG humanitaires, Paix et Développement (CONAFOHD-RDC), ce symposium visait à contribuer à la transformation du système humanitaire en valorisant les données et les expériences produites par les acteurs locaux, tout en renforçant le leadership national dans la mise en œuvre de l’agenda de la localisation.


