Une vive tension règne dans les écoles primaires et secondaires publiques du territoire d’Isangi, dans la province éducationnelle Tshopo 2.
À la base de cette grogne : le non-paiement de trois mois de salaires, à savoir octobre, novembre et décembre 2025.
La cité d’Isangi-centre situé à 125km de Kisangani a connu, ce lundi 12 janvier 2026, une forte mobilisation des enseignants en colère.
Cette situation a entraîné une paralysie quasi totale des activités scolaires, laissant des centaines d’élèves sans cours.
Rassemblés par centaines devant les installations de la Caritas Isangi, structure chargée de la paie dans la région, les enseignants ont entonné des chants revendicatifs et allumé un feu symbolique en signe de protestation.
À travers une lettre adressée à l’administrateur du territoire, ils accusent directement la Caritas d’être à l’origine du blocage jugé injustifié.
« Trop, c’est trop. Nous réclamons nos droits. Nous avons des familles à nourrir », a lancé l’un des manifestants, dénonçant la précarité dans laquelle vit le corps enseignant à Isangi.
Le mouvement de grève, annoncé pour trois jours, impacte lourdement le calendrier scolaire. La majorité des écoles publiques du territoire sont restées fermées depuis le début de la mobilisation.
Contactée par Journal École, la Caritas Isangi, par la voix de l’abbé Célestin Osandu, membre de son conseil d’administration, rejette toute responsabilité. Elle évoque plutôt un malentendu lié à un déficit de communication dans le processus de décaissement des fonds.
« Il n’est pas normal de nous accuser de bloquer les salaires. Il existe un circuit clair avec des responsabilités partagées. Nous appelons les enseignants à ne pas céder à la manipulation », a-t-il déclaré.
De leur côté, les enseignants affirment traverser une situation sociale extrêmement difficile.
« Voilà trois mois que nos familles souffrent. Nous n’avons pas pu payer les frais scolaires de nos enfants qui étudient ailleurs, ni assurer les soins médicaux. Nous menons une vie précaire alors que nous sommes des agents et fonctionnaires de l’État », ont-ils déploré.
Cette crise met une fois de plus en lumière les failles persistantes du système de paie des enseignants, particulièrement dans les zones enclavées, où la méfiance envers les structures intermédiaires demeure forte.
En attendant une solution concrète, les élèves d’Isangi restent privés d’éducation.
Les enseignants, quant à eux, promettent d’intensifier la mobilisation si leurs revendications ne sont pas rapidement satisfaites.
À noter que la même situation a été observée dans le territoire d’Opala, où les enseignants avaient également haussé le ton le vendredi 9 janvier 2026 pour des raisons similaires.
Affaire à suivre.
Augustin Tsheza


