La tension ne cesse de monter autour du Fonds Spécial de Répartition de l’Indemnisation aux Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda (FRIVAO), alors que plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent ce qu’elles qualifient de « cabale médiatique » orchestrée contre Dismas Kitenge Senga, président du conseil d’administration intérimaire du FRIVAO.
À l’origine de la polémique, des déclarations relayées sur les réseaux sociaux par Monsieur Mosindo Ngazi Soleil, qui s’est présenté à la fois comme victime et notable. Dans ses interventions, ce dernier a accusé Dismas Kitenge d’être à la base des dysfonctionnements observés au sein du FRIVAO, allant jusqu’à remettre en cause sa maîtrise des dossiers liés à l’établissement.
Des accusations vivement rejetées par le Collectif des Organisations des Droits Humains et d’Éducation Civique de Kisangani. Dans une mise au point publiée jeudi, cette structure estime que les propos de M. Mosindo dépassent le cadre d’un simple débat d’opinions et visent plutôt à semer la confusion dans l’opinion publique.
Le Collectif rappelle par ailleurs que le dossier FRIVAO est actuellement pendant devant la Cour d’Appel de Kinshasa-Gombe et appelle toutes les parties à privilégier les voies judiciaires plutôt que les « attaques médiatiques ».
« Si le sieur Mosindo dispose d’éléments probants, qu’il saisisse la justice au lieu de recourir au lynchage médiatique », indique le communiqué, tout en avertissant qu’une « vitesse supérieure » pourrait être engagée si ces accusations persistent.
Au sein de la société civile boyomaise, plusieurs voix se sont également élevées pour défendre celui qu’elles considèrent comme une figure historique de la lutte pour les droits humains en République démocratique du Congo.
Maître Chantal Muhisa Mugeni, avocate au barreau de la Tshopo, a dénoncé des attaques qu’elle juge injustifiées : « Notre pays a besoin d’hommes loyaux, honnêtes et humbles. Papa Dismas Kitenge reste un homme accessible à tous, riches comme pauvres », a-t-elle déclaré.
Même son de cloche chez Francis Molenge, coordonnateur du mouvement national des survivants de violences sexuelles en RDC, qui insiste sur la nécessité de préserver le respect dû aux institutions et aux personnalités engagées dans la défense des victimes.
Pour plusieurs défenseurs des droits humains, les critiques visant Dismas Kitenge ignorent son rôle majeur dans la documentation des atrocités commises lors des guerres des six jours à Kisangani.
Selon Alex Atembone, défenseur des droits de l’homme, Dismas Kitenge fut parmi les premiers acteurs à documenter les violations des droits humains durant les affrontements ayant opposé les armées rwandaise et ougandaise dans la ville de Kisangani.
À travers le Groupe Lotus, il aurait contribué à produire les premiers rapports détaillant les pertes humaines et les dégâts matériels causés par ces conflits. Son plaidoyer auprès des Nations-Unies et des partenaires internationaux est également présenté comme l’un des facteurs ayant permis l’évolution du processus d’indemnisation des victimes.
Alors que le dossier FRIVAO poursuit son chemin devant les juridictions compétentes à Kinshasa, la polémique continue de diviser l’opinion à Kisangani, où plusieurs acteurs de la société civile appellent désormais à l’apaisement et au respect des procédures judiciaires.
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