Aux premières heures de ce mardi 17 mars 2026, la ville d’Uvira et ses environs se sont réveillés dans un climat de vive tension.
Des affrontements signalés sur l’axe Mitamba et dans la plaine de la Ruzizi, notamment à Biriba et Kabunambo, ont provoqué des mouvements de population, ravivant chez les habitants des souvenirs encore récents de violences et d’exodes forcés.
Dans plusieurs quartiers et villages périphériques, des familles ont rapidement rassemblé quelques effets essentiels avant de prendre la route vers des zones jugées plus sûres. À Runingu, où des déplacements ont été particulièrement signalés, des témoins décrivent une scène de panique mêlée de résignation.
« Nous avons fui dès que nous avons entendu les détonations. Les enfants pleuraient, on ne savait pas où aller exactement, mais rester n’était pas une option », raconte une mère de famille rencontrée en chemin, tenant fermement la main de son plus jeune enfant.
D’autres habitants évoquent la peur suscitée par le survol d’engins aériens tôt dans la matinée. « Quand on voit des drones, on comprend que la situation est grave. Cela nous a poussés à partir encore plus vite », confie un jeune homme ayant quitté la plaine de la Ruzizi.
Malgré ce climat d’incertitude, certaines voix appellent à la retenue. Dans un message diffusé le même jour, la coordination provinciale de la Nouvelle Société Civile Congolaise du Sud-Kivu a exhorté la population au calme, tout en reconnaissant les déplacements observés. Elle a également insisté sur la nécessité de ne pas céder à la panique ni de relayer des informations non vérifiées.
Sur le terrain, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par des groupes locaux d’autodéfense dits Wazalendo, maintiendraient leurs positions face aux éléments du M23, selon cette même source. Une déclaration qui, pour certains habitants, se veut rassurante, mais qui ne dissipe pas totalement les inquiétudes.
« On entend qu’ils tiennent bon, mais nous, ce qu’on voit, c’est que les gens fuient. Tant que les combats continuent, il est difficile de rester serein », explique un habitant d’Uvira ayant préféré envoyer sa famille à l’écart de la ville.
Dans les zones d’accueil improvisées, les conditions restent précaires. Manque d’abris, accès limité à l’eau et à la nourriture : les déplacés s’organisent tant bien que mal, souvent grâce à la solidarité communautaire.
« Nous sommes arrivés ici sans rien. Ce sont les voisins qui nous ont aidés à passer la nuit. Mais si la situation dure, cela deviendra très compliqué », témoigne une femme déplacée.
Alors que les appels au calme se multiplient, une question demeure sur toutes les lèvres : combien de temps cette nouvelle vague de déplacements va-t-elle durer ? En attendant une accalmie, la population d’Uvira continue de naviguer entre prudence, fatigue et espoir d’un retour rapide à la normale.



