La société civile du territoire de Shabunda, dans la province du Sud-Kivu, alerte sur une recrudescence inquiétante des cas de rougeole, une maladie qui continue de faire de nombreuses victimes parmi les enfants.
Face à l’ampleur de la situation, les acteurs communautaires demandent une intervention immédiate des autorités sanitaires et de leurs partenaires afin d’éviter une aggravation de cette crise de santé publique.
Selon le président de la société civile locale, Isaac Kilunga, plusieurs villages et aires de santé du territoire enregistrent depuis plusieurs semaines une augmentation notable du nombre d’enfants atteints par cette maladie hautement contagieuse. Il affirme que de nombreux décès ont déjà été rapportés, en particulier dans les zones les plus enclavées où l’accès aux soins demeure extrêmement limité.
Pour la société civile, cette flambée épidémique met en lumière les difficultés structurelles auxquelles fait face Shabunda. Les centres de santé manqueraient de médicaments essentiels, de vaccins, de matériel de prise en charge et de moyens logistiques pour atteindre les communautés éloignées. À cela s’ajoute, selon les responsables locaux, une insuffisance de l’appui des partenaires humanitaires pourtant attendus dans ce territoire régulièrement confronté à des urgences sanitaires et humanitaires.
Isaac Kilunga estime que la situation actuelle justifie la reconnaissance de Shabunda comme une zone endémique de la rougeole. Une telle mesure permettrait, selon lui, de mobiliser plus rapidement les ressources nécessaires pour renforcer la surveillance épidémiologique, organiser des campagnes de vaccination ciblées et améliorer la prise en charge des enfants malades.
Il appelle le gouvernement provincial, le ministère de la Santé et les organisations humanitaires à agir sans délai afin de contenir la propagation de la maladie. « Chaque jour qui passe sans intervention adéquate expose davantage d’enfants à cette maladie évitable », prévient-il.
Des réactions préoccupantes
Dans plusieurs localités du territoire, des habitants disent vivre avec angoisse la progression de la rougeole.
Des parents interrogés rapportent que certains enfants présentent de fortes fièvres, des éruptions cutanées et une grande faiblesse, mais ne peuvent pas toujours être conduits à temps dans une structure de santé en raison de l’éloignement des villages et du coût des soins.
Des relais communautaires plaident pour l’organisation urgente de campagnes de vaccination de masse et de sensibilisation afin de rassurer les familles sur l’importance de la prévention.
De leur côté, des acteurs de la santé communautaire soulignent que la lutte contre la rougeole nécessite non seulement des vaccins, mais aussi un approvisionnement régulier en médicaments, en vitamine A et en équipements de protection.
Un appel à la mobilisation
Face à cette situation, la société civile de Shabunda exhorte les autorités sanitaires, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations humanitaires à unir leurs efforts pour stopper l’épidémie.
Pour les acteurs communautaires, une réponse rapide et coordonnée reste indispensable pour protéger les enfants et éviter que cette flambée de rougeole ne se transforme en une crise encore plus grave dans ce territoire déjà fragilisé par de multiples défis humanitaires.



