La crise sécuritaire qui secoue le territoire de Kabare continue de produire des conséquences dramatiques sur les communautés rurales. À l’heure où les champs devraient nourrir les familles, l’insécurité prive les agriculteurs de leurs terres et compromet l’ensemble du cycle agricole.
Des zones situées à proximité du parc national de Kahuzi-Biega sont devenues inaccessibles. Des groupes armés y imposent un contrôle strict, exigeant des paiements illégaux pour autoriser le passage des cultivateurs. Pour beaucoup, payer entre 5 000 et 10 000 francs congolais représente une barrière infranchissable.
Chassées de leurs villages, des familles entières se retrouvent déplacées dans des localités comme Kavumu-centre, Katana et Lwiro. L’exil forcé s’accompagne d’une perte totale des moyens de subsistance et d’une dépendance croissante à la solidarité locale et à l’aide humanitaire.
Dans les sites d’accueil, l’inquiétude est permanente. « Nous avons tout laissé derrière nous, même nos récoltes », témoigne une mère de famille déplacée. Entre insécurité alimentaire, promiscuité et peur du retour des combats, ces populations vivent dans l’attente d’une paix qui tarde à se concrétiser.


