Dans les camps du groupement de Bagana, les femmes et les jeunes filles déplacées par le conflit vivent un cauchemar quotidien.
Privées d’eau potable, de soins et d’infrastructures de base, elles subissent une violence silencieuse qui menace leur vie et celle de leurs enfants. Les cris d’alerte se multiplient, mais l’aide tarde à arriver.
La réalité des camps de Bagana est sombre et inquiétante. Selon des sources locales, plus de 500 femmes et jeunes filles vivent dans des conditions d’hygiène catastrophiques, sans toilettes ni points d’eau. La promiscuité et le manque d’accès aux soins exposent ces déplacées à des infections graves, des maladies de la peau et des troubles liés à l’insalubrité. La vie quotidienne est devenue un combat pour la survie.
« Chaque jour est un enfer. Je souffre de douleurs, mais il n’y a aucun médecin ici. Même se laver correctement est impossible », confie une adolescente de 16 ans, réfugiée dans le camp de Bukavu. Son témoignage est celui de dizaines d’autres filles et femmes, contraintes de vivre dans un environnement où l’eau et l’hygiène sont des luxes.
La situation des maternités de fortune est encore plus alarmante. Des femmes accouchent à même le sol, sans matelas, gants ou assistance médicale, souvent aidées par d’autres déplacées non formées. « Nous mettons nos enfants au monde dans la souffrance. Personne ne peut imaginer ce que c’est », déplore une mère de trois enfants du camp de Kavumu. Ces conditions dramatiques mettent en danger la vie des mères et des nourrissons.
Face à cette catastrophe humanitaire, les autorités locales tirent la sonnette d’alarme. « Nous sommes dépassés par l’ampleur du problème. Ces femmes risquent leur vie chaque jour. Une intervention urgente est nécessaire », avertit le responsable du bureau des affaires sociales en chefferie de Buloho. Les appels à l’aide se multiplient, mais l’assistance tarde à se matérialiser sur le terrain.
Les besoins humanitaires sont immenses et immédiats : eau potable, soins médicaux, kits d’hygiène, abris et accompagnement psychosocial. Traumatisées par la guerre et abandonnées par le monde extérieur, ces femmes et filles vivent aujourd’hui une nouvelle forme de violence : celle de l’oubli. Le gouvernement et les organisations humanitaires doivent agir sans délai pour restaurer leur dignité et leur offrir des conditions de vie humaines.


