Depuis près de deux ans, plusieurs quartiers de Bukavu font face à une accumulation persistante des déchets. Ces détritus, entassés le long des routes et sur certains sites de transit, dégradent le cadre de vie et obstruent les caniveaux, avec des conséquences aggravées par les premières pluies.
Dans plusieurs coins de la ville, les sites destinés au transit des déchets restent chargés pendant plusieurs mois sans évacuation régulière. Dans plusieurs endroits, les détritus débordent par endroits sur la chaussée et jusque sur des pavés récemment aménagés, exposant ces infrastructures à une détérioration progressive.
Cette situation réduit également l’espace disponible pour la circulation. Sur certains axes, les déchets occupent une partie de la chaussée, rendant parfois difficile le croisement de deux véhicules.
Avec les premières pluies enregistrées récemment à Bukavu, la situation s’est davantage aggravée. Les eaux de ruissellement ont entraîné une partie des déchets vers les caniveaux, obstruant les voies d’évacuation et favorisant des inondations dans certains secteurs de la ville.
Selon des acteurs de la société civile, ces déchets peuvent également atteindre certaines infrastructures électriques, notamment celles de la Société nationale d’électricité, SNEL. Ils alertent aussi sur les risques sanitaires liés à la contamination des eaux, particulièrement dans un contexte où Bukavu fait face à des cas de choléra.
Pour Nicolas Lubala, président provincial de la Nouvelle Dynamique de la Société civile du Sud-Kivu, la mairie doit intervenir pour contraindre les structures chargées de l’évacuation à respecter leurs obligations.
« Nous voyons toujours ces déchets stockés le long des routes dans les trois communes de la ville de Bukavu, au risque d’exposer la population à différentes maladies », déplore-t-il.
Il estime également que les déchets peuvent être entraînés par les eaux de pluie jusque dans les installations de la SNEL, avec un risque de dommages sur certains équipements.
Nicolas Lubala demande ainsi à l’autorité urbaine de renforcer son contrôle sur les associations chargées de la collecte. Il rappelle que les ménages paient pour ce service et attendent, en retour, une évacuation régulière des déchets.
« La population paie à ces associations pour l’évacuation des déchets, mais cette opération n’est pas faite régulièrement. Nous demandons donc à la mairie d’activer des mécanismes pour que les déchets déposés sur les sites indiqués soient effectivement évacués », insiste-t-il.
Face à cette situation, les acteurs de la société civile appellent donc la mairie de Bukavu à prendre des mesures urgentes pour améliorer la gestion des déchets, prévenir l’obstruction des caniveaux et limiter les risques sanitaires et environnementaux liés à leur accumulation.


