Cotonou, capitale de la République du Bénin, abrite pendant deux jours, soit du 29 au 30 janvier 2026, le 4ᵉ Forum des médias sur les maladies tropicales négligées (MTN).

Placée sous le thème : « De la négligence à la mise en lumière : faire avancer l’agenda africain pour l’élimination des MTN », cette rencontre est organisée par le Réseau des médias africains pour la promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), avec l’appui de Speak Up Africa.

Selon son président exécutif, l’Ivoirien Bamba Youssouf, ce forum vise à améliorer la qualité du traitement médiatique des sujets liés aux MTN et à encourager une approche intégrée liant santé, environnement et développement durable.

« La lutte contre les MTN ne peut être menée de manière dispersée. Elle exige une synergie d’actions entre les États, les partenaires au développement, les professionnels de la santé, la société civile, les communautés locales, mais aussi les médias. Ensemble, nous pouvons faire reculer ces maladies et bâtir une Afrique plus résiliente et plus prospère », a-t-il déclaré sous les ovations de près de 35 journalistes venus de 43 pays africains.

Très impressionnée par l’intérêt manifesté par les journalistes pour ces maladies souvent qualifiées d’invisibles ou de maladies de la pauvreté, la Directrice du partenariat et du développement de Speak Up Africa a estimé qu’il s’agit d’un pas décisif vers leur élimination.

Les maladies tropicales négligées regroupent plus de 20 maladies transmissibles, parmi lesquelles figurent notamment la filariose lymphatique, l’onchocercose, la schistosomiase, les géohelminthiases et le trachome.

Pour la Directrice en charge du partenariat et du développement de Speak Up Africa, ce forum offre également l’occasion de construire un nouveau narratif autour des MTN. « Il s’agit de savoir comment parler à des personnes qui n’ont jamais été à l’école, mais aussi à celles qui sont affectées par ces maladies et vivent dans un environnement marqué par le tabou », a-t-elle expliqué, avant de rappeler que « les MTN sont des maladies évitables si certaines précautions sont mises en place ».

Elle a exprimé l’espoir qu’à l’issue de ces deux jours de travaux, le plan d’action média permettra notamment de renforcer l’engagement politique, en encourageant les États à se doter de lignes budgétaires spécifiques dédiées aux MTN, comptant à cet effet sur le plaidoyer des journalistes.

Dans le cadre des Objectifs de développement durable (ODD), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vise l’élimination ou le contrôle de la majorité de ces maladies d’ici 2030, un objectif qui appelle l’engagement soutenu des gouvernements africains.

Intervenant à ce sujet, la Directrice adjointe du cabinet du ministre béninois de la Santé publique, Madame Françoise Sybille Assavedo, a interpellé les participants sur leur rôle d’acteurs de changement, les invitant à exploiter tous les formats journalistiques pour contribuer à l’élimination des MTN.

« La lutte contre les maladies tropicales négligées n’est pas un geste de charité. C’est un investissement stratégique dans le capital humain, la productivité et la stabilité sociale. Vous n’êtes pas de simples relais d’information, mais des acteurs de changement »,a-t-elle déclaré, saluant l’engagement politique du gouvernement béninois, et de plaider pour un nouveau narratif, qui met en avant les solutions locales, les innovations communautaires et le leadership africain.

Après la cérémonie officielle, la première journée a été marquée par des travaux en panels. Trois panels ont été organisés autour des sous-thématiques suivantes : État des MTN en Afrique : données, progrès, défis et opportunités ; Équité, innovation et sport au service des communautés pour l’élimination des MTN ; Rôle des médias africains dans le plaidoyer sanitaire et la mobilisation des ressources.

Il convient de rappeler que ce 4ᵉ Forum des médias sur les MTN bénéficie de l’appui de la Fondation Bill & Melinda Gates, de la Fondation Raoul Follereau, de Speak Up Africa, de l’OMS Bénin et de l’Institut de la société civile africaine ainsi que de l’hôtel Azalai.

Share.
Leave A Reply

Exit mobile version