L’Interplateforme de la société civile dans sa diversité se dit favorable à l’organisation du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, mais appelle à la vigilance quant à l’évolution du processus. Sa coordonnatrice, Kathy Kalanga, plaide pour l’accélération des préparatifs et invite l’opposition à assumer pleinement son rôle de contrepoids.

Lancé par le Président Félix-Antoine Tshisekedi fin août, le Dialogue national doit, selon le schéma annoncé par le chef de l’État, débuter par des consultations dans les 26 provinces avant la tenue des assises nationales à Kinshasa. Le processus est prévu sur une durée maximale de trois mois et doit déboucher sur un Pacte national assorti d’un mécanisme de suivi. (Présidence de la RDC)

Pour Kathy Kalanga, les observations effectuées lors d’une tournée dans plusieurs provinces confirment l’existence d’une attente autour d’un cadre national de concertation.

« Le Congolais dans son ensemble est favorable à l’idée de l’organisation d’un dialogue pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », affirme-t-elle, tout en appelant les différentes parties prenantes à ne pas perdre de vue les urgences auxquelles le pays reste confronté.

« Ne pas s’endormir face à la crise »

La coordonnatrice de l’Interplateforme estime notamment que les différentes prises de parole autour du dialogue ne devraient pas détourner l’attention de la situation sécuritaire et sociale du pays.

Elle utilise, à cet effet, l’image de « la piqûre du diazépam » pour dénoncer ce qu’elle considère comme un risque d’endormissement des acteurs politiques et sociaux face aux urgences nationales, notamment la nécessité de poursuivre les efforts en vue de la récupération des territoires occupés.

Dans cette perspective, Kathy Kalanga appelle l’opposition à « bien jouer son rôle de contrepoids ». Elle souhaite également que celle-ci porte les préoccupations sociales de la population, au-delà des seules questions institutionnelles, notamment à travers des actions en faveur de l’amélioration des conditions de vie.

La représentativité des femmes au cœur des attentes

L’Interplateforme travaille par ailleurs sur des documents contenant ses propositions pour un dialogue qu’elle souhaite « apaisé ». Ces contributions devraient être transmises au chef de l’État au moment jugé opportun.

La question de la représentativité figure également parmi les préoccupations soulevées par la structure de la société civile. Le 13 septembre, le Président Félix Tshisekedi a institué, par ordonnance, un comité chargé de préparer la mise en place de la commission préparatoire du dialogue. Cette structure doit notamment engager des rencontres avec les différentes composantes de la société et recueillir leurs contributions. (Radio Okapi)

Pour Kathy Kalanga, la composition des différentes structures appelées à encadrer le processus devra garantir une participation inclusive, avec une représentation significative des femmes issues de la société civile. Elle met en avant leur rôle particulier face aux conséquences des conflits armés et aux difficultés sociales qui en découlent.

« Pas un partage des postes »

L’Interplateforme met également en garde contre un dialogue qui se transformerait en négociations essentiellement politiques.

Pour Kathy Kalanga, les assises nationales ne devraient pas déboucher sur « le partage des postes » au détriment des préoccupations socio-économiques de la population.

Elle appelle ainsi les autorités à accélérer le processus. « Plus le régime traîne les pas, plus il vide les substances de cette rencontre nationale », soutient-elle.

Cette préoccupation rejoint, sur un autre registre, l’objectif officiellement assigné au dialogue par le chef de l’État, qui a affirmé que celui-ci ne devait être ni un « marché politique », ni un instrument de repositionnement personnel, mais un cadre consacré à la paix, à l’unité nationale et à l’intérêt supérieur de la République. (Actualite.cd)

Les élections et la question sécuritaire

Sur le volet électoral, Kathy Kalanga estime que l’organisation des élections dans un contexte marqué par l’occupation de certaines portions du territoire constitue une difficulté majeure.

A ses yeux, le Dialogue national doit précisément permettre d’aborder cette question dans ses dimensions sécuritaire, politique et institutionnelle.

Alors que le processus entre désormais dans sa phase préparatoire, l’Interplateforme de la société civile dans sa diversité entend ainsi faire valoir ses propositions et plaide pour que les prochaines étapes restent centrées sur la paix, la cohésion nationale, la sécurité, la refondation de l’État et l’amélioration des conditions de vie de la population congolaise.

Rédaction

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