Au-delà des capacités médicales et du renforcement du dispositif de surveillance, le Gouvernement et ses partenaires mettent en avant un autre facteur jugé déterminant : l’évolution du comportement des communautés dans la riposte contre cette 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, causée par la souche Bundibugyo.
Dans les premières phases de l’épidémie, la méfiance et certaines pratiques culturelles ont compliqué les interventions des équipes sanitaires. Des familles souhaitaient notamment rester auprès de leurs malades ou conserver un contact avec leurs proches décédés, malgré les risques de transmission du virus.
« Il y avait aussi ces aspects culturels qui voulaient que nous puissions être en contact avec nos malades ou même nos morts (…) Or, les équipes de riposte rappellent que les contacts avec une personne décédée d’Ebola constituent un risque particulièrement important de transmission. Plusieurs personnes guéries rencontrées sur le terrain auraient d’ailleurs expliqué aux équipes comment elles avaient contracté la maladie », a indiqué le Directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), le professeur Jean-Jacques Muyembe, lors du dernier briefing organisé par le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du Gouvernement.
Une évolution des comportements jugée encourageante
Selon le professeur Muyembe, les communautés comprennent désormais davantage la dangerosité de la maladie et acceptent mieux les mesures de santé publique.
Cette évolution se traduit notamment par une meilleure collaboration avec les équipes chargées de la surveillance, de la prise en charge ainsi que des enterrements dignes et sécurisés.
« Ce qui veut dire qu’il y a un changement de comportement de la population qui accepte la lutte contre Ebola », a souligné le Dr Muyembe, insistant sur la dimension profondément socioculturelle de la maladie.
Pour lui, cette évolution constitue un signal encourageant, mais elle doit surtout être consolidée.
Même lorsque les indicateurs épidémiologiques commencent à s’améliorer, les communautés doivent continuer à appliquer les recommandations sanitaires afin d’éviter une reprise de la transmission.
L’approche « village » à privilégier
Le principe défendu par les acteurs de la riposte est simple : « la communauté doit être au cœur de la détection et de la réponse ».
« Je dis toujours que la maladie à virus Ebola commence dans la communauté », a rappelé le Dr Muyembe. Selon lui, il sera difficile d’interrompre la transmission sans l’implication active des populations.
Les communautés sont en effet les premières à pouvoir signaler un cas suspect, identifier une personne ayant été en contact avec un malade ou alerter sur une situation inhabituelle dans un village.
C’est dans cette logique que le Gouvernement et ses partenaires renforcent l’approche dite « village », avec le recrutement de relais communautaires issus directement des populations concernées.
Ces relais, qui connaissent les réalités locales et bénéficient d’une proximité avec les habitants, doivent contribuer à la détection précoce des cas, au suivi des contacts et à la sensibilisation.
Une riposte désormais mieux équipée
Parallèlement à cette mobilisation communautaire, le dispositif sanitaire a été considérablement renforcé.
Le Directeur général de l’INRB s’est réjoui de la mobilisation du Gouvernement, appuyé par ses partenaires dans la riposte contre cette maladie. Une forte prise de conscience et une volonté politique ayant permis de disposer désormais d’une capacité de plus de 1 300 lits, ainsi que de capacités de testing qui n’existaient pas auparavant dans certaines zones touchées.
« Ces investissements ont permis de rendre la réponse plus rapide et plus proche des populations. Mais malgré ces progrès, nous insistons sur la nécessité de maintenir les efforts. Une épidémie sous contrôle n’est pas une épidémie terminée », a fait savoir le ministre Patrick Muyaya, qui a souligné la volonté du Gouvernement de communiquer en toute transparence sur cette question de santé.
La surveillance, le suivi des contacts, la sensibilisation et l’engagement communautaire doivent donc se poursuivre jusqu’à l’interruption complète des chaînes de transmission.

L’NSP insiste sur le respect des mesures barrières
L’INSP appelle la population Iturienne en particulier et celle des provinces environnantes mais aussi celle dont les villes sont touchées récemment au respect strict des mesures barrières pour limiter la propagation de la maladie à virus #Ebola :
✅ Lavez-vous régulièrement les mains à l’eau propre et au savon ou utilisez une solution hydroalcoolique ;
✅ Évitez tout contact avec une personne présentant des signes suspects de MVE ;
✅ En cas de symptômes tels que fièvre, maux de tête, vomissements, diarrhée, saignements ou douleurs musculaires, rendez-vous immédiatement dans le centre de santé le plus proche ou composez le *151#.
🔎 La vigilance et la prévention sauvent des vies.


