Intervenant hier lors d’un briefing organisé par le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, le Dr Jean-Jacques Muyembe a fait état d’une amélioration notable de plusieurs indicateurs de la riposte contre la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, causée par la souche Bundibugyo, tout en appelant à maintenir la vigilance.
Revenant fraîchement d’une brève mission à Bunia dans la province de lIturi, l’épicentre de cette épidémie, le Directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale ( INRB), a peint un tableau positif et plein d’espoir dans la riposte organisée.
Cette mission avait pour objectif de confronter les informations communiquées au niveau national à la réalité observée sur le terrain.
« Moi, je suis habitué aux épidémies de maladies à virus Ebola. J’étais plutôt surpris, agréablement surpris, de n’entendre que les cris de pleurs des femmes (…) Je n’ai pas vu de pompiers, je n’ai pas vu d’ambulances dans tous ces centres. Alors je me demandais où est l’épidémie en question », a-t-il expliqué.
Pour lui, cette première impression pourrait traduire une diminution du nombre de décès dans les structures visitées, même s’il reconnaît que cette conclusion doit être confrontée aux données épidémiologiques.
« Ce qui veut dire que le nombre des décès a baissé dans ces hôpitaux. C’est la conclusion que j’ai tirée. Elle est peut-être fausse, mais en tout cas c’est la première impression que j’ai eue, cette surprise agréable », a-t-il précisé.
Des capacités de prise en charge renforcées
Au-delà de l’ambiance observée dans les centres, la mission a également permis de constater le renforcement des capacités de prise en charge.
Selon le Dr Muyembe, certains indicateurs de performance des structures visitées ont connu une progression importante, passant d’environ 40 % à 80 %, voire 85 à 100 % pour certains paramètres.
L’évolution des capacités de diagnostic constitue également, selon lui, l’un des changements majeurs enregistrés depuis le début de l’épidémie.
« Nous sommes partis de deux laboratoires. Maintenant, nous avons 24 laboratoires », a indiqué le Directeur général de lINRB.
Cette progression permet aujourd’hui de rapprocher le diagnostic des zones affectées et de réduire considérablement les délais d’attente pour obtenir les résultats des analyses.
La positivité des échantillons en baisse
Autre indicateur présenté comme encourageant : le taux de positivité des échantillons prélevés chez les personnes suspectées d’avoir contracté la maladie.
D’après le Dr Muyembe au début de l’épidémie, environ 60 % des échantillons analysés étaient positifs. Aujourd’hui, ce taux se situerait entre 20 et 25 %.
« Donc ça montre qu’il y a quelque chose qui change », estime-t-il, considérant cette évolution comme l’un des signes d’une amélioration de la situation épidémiologique.
Pour autant, cette tendance ne signifie pas que la menace est définitivement écartée. Elle traduit plutôt, selon son analyse, une amélioration progressive de la gestion de l’épidémie et des paramètres de la riposte.
Fort de ces observations, le Dr Muyembe se veut optimiste, sans pour autant appeler à baisser la garde.
« C’est pour cela que j’ai fait plutôt un message d’espoir pour dire que nous commençons à maîtriser les paramètres de notre épidémie », a-t-il déclaré visiblement détendu.
Jean Jacques Muyembe estime que l’évolution actuelle est notamment le résultat des efforts consentis dans le renforcement des capacités de diagnostic, de prise en charge et de surveillance.
Selon lui, sans une réaction rapide et coordonnée, la 17ᵉ épidémie d’Ebola aurait pu prendre une ampleur beaucoup plus importante.
« Si nous n’avions pas fait attention, cette épidémie allait carrément nous échapper pour causer des dégâts humains et même humanitaires dans notre pays », a-t-il avert
Alors que la RDC poursuit la mise en œuvre de son nouveau dispositif de riposte, l’amélioration des indicateurs observés à Bunia constitue ainsi un signal encourageant. Mais la consolidation de ces acquis dépendra du maintien de la surveillance, de la capacité à détecter rapidement les nouveaux cas et surtout de l’implication continue des communautés dans la lutte contre Ebola.

L’NSP insiste sur le respect des mesures barrières
L’INSP appelle la population Iturienne en particulier et celle des provinces environnantes mais aussi celle dont les villes sont touchées récemment au respect strict des mesures barrières pour limiter la propagation de la maladie à virus #Ebola :
✅ Lavez-vous régulièrement les mains à l’eau propre et au savon ou utilisez une solution hydroalcoolique ;
✅ Évitez tout contact avec une personne présentant des signes suspects de MVE ;
✅ En cas de symptômes tels que fièvre, maux de tête, vomissements, diarrhée, saignements ou douleurs musculaires, rendez-vous immédiatement dans le centre de santé le plus proche ou composez le *151#.
🔎 La vigilance et la prévention sauvent des vies.


