Au cœur du territoire de Kabare, dans la province du Sud-Kivu, le groupement d’Irambi-Katana vit une année 2026 sous haute tension. Entre insécurité persistante, épidémies à répétition et dérèglements climatiques destructeurs, la population encaisse les chocs.
Face à l’urgence, la société civile locale lance un cri d’alarme et appelle à un sursaut collectif pour sauver la paix et reconstruire l’espoir.
Irambi-Katana n’est plus seulement un nom sur la carte du Sud-Kivu, c’est désormais le symbole d’une communauté éprouvée. Les nuits y sont longues, rythmées par la peur, tandis que les journées s’ouvrent sur des champs meurtris et des familles fragilisées. « Nous vivons avec l’angoisse permanente, personne ne se sent en sécurité », confie un habitant du village de Katana, le regard marqué par l’épuisement. L’insécurité, diffuse mais constante, freine toute initiative de développement et enferme la population dans un cycle de survie.
À cette instabilité s’ajoute la menace sanitaire. Les épidémies, souvent évitables, se succèdent et frappent les plus vulnérables. Dans les centres de santé débordés, le personnel manque de tout. « Nous recevons des malades chaque jour, mais sans médicaments suffisants, nous sommes impuissants », témoigne une infirmière locale. La maladie devient alors un autre visage de la pauvreté, aggravée par l’absence de réponses rapides et coordonnées.
Le climat, autrefois allié des agriculteurs, s’est transformé en adversaire imprévisible. Pluies diluviennes, glissements de terrain et saisons déréglées détruisent les récoltes et accentuent l’insécurité alimentaire. « Nos champs ont été emportés par les eaux, nous ne savons plus comment nourrir nos enfants », se lamente un agriculteur d’Irambi. Chaque catastrophe naturelle laisse derrière elle un peu plus de désespoir et de dépendance.
Face à ce tableau sombre, la société civile d’Irambi-Katana refuse le silence. Son président, Emery Murhula, dresse un bilan sans complaisance de l’année 2025 et appelle à un changement profond. « Sans amour du prochain et sans cohésion sociale, aucune paix durable n’est possible », martèle-t-il. Pour lui, la résilience communautaire reste la seule voie pour rompre avec la spirale de la violence et de la misère.
Sur le terrain, cet appel trouve un écho chez certains leaders communautaires. « Nous devons apprendre à nous parler, à nous pardonner et à agir ensemble », insiste une femme leader du groupement, engagée dans la médiation locale. Ces voix, encore fragiles, tentent de rallumer la flamme de l’unité dans un contexte où la méfiance domine.
L’année 2025 s’achève donc sur une alerte claire à Irambi-Katana. Entre insécurité, crises sanitaires et chocs climatiques, la population attend des actes concrets. « Nous ne demandons pas des miracles, seulement d’être écoutés et protégés », résume un jeune du milieu. Plus qu’un plaidoyer, c’est un ultimatum moral lancé aux autorités et aux partenaires : sans engagement réel et immédiat, Irambi-Katana risque de sombrer davantage dans l’oubli.


